Auteur

Théophile Gautier

Malgré le manque de documents, il est facile de faire une vie très détaillée de Villon; c'est un poète égotiste: le moi, le je reviennent très souvent dans ses vers.
Les orientaux ne taillent ni le diamant ni le rubis, soit qu'ils ne connaissent pas la poudre à égriser, soit qu'ils craignent de diminuer le nombre de carats en abattant les angles des pierres.
Tu vois quel est mon Eldorado, ma terre promise: c'est un rêve comme un autre; mais il a cela de spécial que je n'y introduis jamais aucune figure connue; que pas un de mes amis n'a franchi le seuil de ce palais imaginaire.
Je parle assez élégamment d'amour, parce que j'ai lu beaucoup de belles choses là-dessus.
Ma joie tient à ce que je rentre dans mon élément, et l'on est toujours mal hors de son élément. L'eau ne convient pas aux oiseaux non plus que l'air aux poissons.
C'est la nuit que les Elfes sortent - Avec leur robe humide au bord, - Et sous les nénuphars emportent - Leur valseur de fatigue mort.
Elle étincelait comme si la lumière fût émanée d'elle au lieu d'être simplement réfléchie.
Le genêt, la lavande, le thym embaument l'air de leurs émanations aromatiques.
Le corps n'avait pas été englué et durci dans ce bitume noir qui pétrifie les cadavres vulgaires et tout l'art des embaumeurs, anciens habitants des Mémnonia, semblait s'être épuisé à conserver cette dépouille précieuse.
On aurait dit que les journalistes étaient devenus quakers ... Jamais on ne les avait vus si fondants, si émollients; - c'était de la crème et du petit-lait.
Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien; tout ce qui est utile est laid.
Le critique qui n'a rien produit est un lâche; c'est comme un abbé qui courtise la femme d'un laïque: celui-ci ne peut lui rendre la pareille ni se battre avec lui.
Il est aussi absurde de dire qu'un homme est un ivrogne parce qu'il décrit une orgie, un débauché parce qu'il raconte une débauche que de prétendre qu'un homme est vertueux parce qu'il a fait un livre de morale; tous les jours on voit le contraire.
Je sais qu'il y en a qui préfèrent les moulins aux églises, et le pain du corps à celui de l'âme. A ceux-là, je n'ai rien à leur dire.
On peint l'Amour avec un bandeau sur les yeux; c'est le Destin qu'on devrait peindre ainsi.
Toute rose a son puceron, toute femme a des tas de parents dont il faut l'écheniller soigneusement, si l'on veut cueillir un jour le fruit de sa beauté.
La femme qui a un mari et un amant est une prostituée pour l'un des deux et souvent pour tous deux.
Je suis peu épris de ce qu'on appelle candeur virginale, innocence du bel âge, pureté de coeur, et autres charmantes choses qui sont du plus bel effet en vers; j'appelle tout bonnement cela niaiserie, ignorance, imbécillité ou hypocrisie.
Je trouve que la beauté est un diamant qui doit être monté et enchâssé dans l'or.
Il y a une harmonie entre la beauté et la richesse. L'une demande l'autre: un joli pied appelle un joli soulier, un joli soulier appelle des tapis et une voiture, et ce qui s'ensuit.
Rien au monde n'est plus maussade qu'une folie raisonnable.
La beauté n'est pas une idée absolue, et ne peut s'apprécier que par le contraste.
Le vrai paradis n'est pas au ciel, mais sur la bouche d'une personne aimée.
Je n'ai jamais demandé aux femmes qu'une seule chose, - c'est la beauté; je me passe très volontiers d'esprit et d'âme. - Pour moi, une femme qui est belle a toujours de l'esprit; - elle a l'esprit d'être belle, et je ne sais pas lequel vaut celui-là.
L'air, le geste, la démarche, le souffle, la couleur, le son, le parfum, tout ce qui est la vie entre pour moi dans la composition de la beauté; tout ce qui embaume, chante ou rayonne y revient de droit.

Œuvres de Théophile Gautier

Albertus ou l'âme et le péchéAlbertus ou l'âme et le péché (1832)Albertus ou l'âme et le péché (1832), XLIXArria MarcellaArria Marcella (1852)Ballade, Cher ange, vous êtes belleBouquets et PrièresCaprices et zigzagsCelle-ci et celle-là (1833)ConstantinopleConstantinople (1853)Dernier voeuEmaux et CaméesEmaux et Camées (1852)Emaux et Camées (1852), Camélia et PâqueretteEmaux et Camées (1852), Fantaisies d'hiverEmaux et Camées (1852), Inès de las SierrasEmaux et Camées (1852), La MansardeEmaux et Camées (1852), La NueEmaux et Camées (1852), La Rose-Thé