Tout ce qui ne se consume pas pourrit. Aussi la vérité permanente du sacré réside-t-elle simultanément dans la fascination du brasier et l'horreur de la pourriture.
Chaque système est vrai par ce qu'il propose et faux par ce qu'il exclut.
On existe dans un temps, dans un état, où l'on est seulement tenu de dépenser et de se dépenser. Les mobiles acquisitifs ne sont plus de mise.
Les gravures hermétiques où sont traduits en image les arcanes de l'alchimie. Ces compositions allusives demeurent totalement mystérieuses pour qui ne possède pas la clé de leur langage.
Il s'en déclare l'auteur, c'est-à-dire, selon l'étymologie, l'augmentateur, celui qui confère la portée et l'importance.
Il n'est rien qui, dans l'univers, ne soit susceptible de former une opposition bipartite et ne puisse alors symboliser les différentes manifestations couplées et antagonistes du pur et de l'impur.
Ils les initiaient ainsi non par une cérémonie «blanche» mais par le déploiement premier et effectif; par l'étrenne de leur activité créatrice.
L'artiste se cabre constamment contre la morale. Mais presque toujours, c'est la société qui le gêne.
On le contraint aux gestes de l'esclavage, mais il peut cacher qu'il pense en rebelle.
Tout invite à regarder le carnaval moderne comme une sorte d'écho moribond de fêtes antiques du type des Saturnales.
Le roi, en effet, est essentiellement un Conservateur, dont le rôle consiste à maintenir l'ordre, la mesure, la règle.
Les rites de consécration, qui introduisent dans le monde du sacré un être ou une chose, et les rites de désacralisation, ou d'expiation, qui, à l'inverse, rendent une personne ou un objet pur ou impur au monde profane.
Ces remèdes qui tuent ou qui sauvent suivant le terrain qu'ils rencontrent ou la dose qui fut prescrite.
On constate la duplication sans fin d'une effigie singulière, que le temps perpétue et propage. Chaque génération de tigres vient au jour avec les mêmes rayures jaunes et noires.
La vie n'est pas équipollente. Elle conjugue symétrie et orientation.
La fête est ainsi célébrée dans l'espace-temps du mythe et assume la fonction de régénérer le monde réel.
Ils les initiaient ainsi non par une cérémonie «blanche» mais par le déploiement premier et effectif: l'étrenne de leur activité créatrice.
Tout le fantastique est rupture de l'ordre reconnu, irruption de l'inadmissible au sein de l'inaltérable légalité quotidienne.
La guerre possède à un degré éminent le caractère essentiel du sacré; elle paraît interdire qu'on la considère avec objectivité. Elle paralyse l'esprit d'examen. Elle est redoutable et impressionnante. On la maudit et on l'exalte.
L'inconscient, en effet, par définition, est inconnaissable: il cesse d'être inconscient au moment où il est révélé à la conscience.
En face de l'uniformité de l'ordonnance universelle, les dieux apparaissent comme des principes d'individualisation. Ils ont une personalité. Ils fixent un type.
Les cérémonies de fécondité ne sont pas les seules. D'autres ont pour but de faire entrer les jeunes gens dans la société des hommes et de les agréger ainsi à la collectivité. Ce sont les rites d'initiation.
Mieux vaut se contenter de marquer la singularité absolue de la réalité du pouvoir et de souligner l'étroite connexion qui identifie presque sa nature à celle du sacré.
Sans doute, par rapport au sacré, le profane n'est empreint que de caractères négatifs: il semble en comparaison aussi pauvre et dépourvu d'existence que le néant en face de l'être.
De plus en plus, la pureté proprement dite, est identifiée à la netteté physique ou morale, et essentiellement à la chasteté.
Œuvres de Roger Caillois
Approches de l'imaginaire (1974)Art poétiqueAu coeur du fantastique (1965)Babel, orgueil, confusion et ruine de la littérature (1948)Cases d'un échiquierCirconstancielles 1940-1945 (1946)Esthétique généralisée (1962)Images, images...Instincts et sociétéL'Homme et le sacré (1939)L'Incertitude qui vient des rêvesLe Fleuve Alphée (1978)Les Appareils à sousLes Impostures de la poésieLes Jeux et les hommesNoé et autres textes (2009)Propos rapporté par Marguerite Yourcenar, réception à l'Académie française, janvier 1981.Quatre essais de sociologie contemporaine (1951)