Œuvre

Le Fleuve Alphée (1978)

Le filet d'eau douce qui subsistait en moi dès la première minute fut menacé de se perdre dans les eaux mêlées et nombreuses du savoir.
Il me semblait que ce qu'on pouvait écrire dépendait de tout, sauf de soi.
Dans l'immense vasière de la forêt vierge... chacun peut voir que les grands arbres y sont rares. On les remarque aussitôt par l'ivoire et par le poli de la mort. Ils restent debout, soutenus par les autres.
Le mot le plus péjoratif, cogitation... pour ce qu'il évoque à la fois de la mécanique, de stérile et d'inachevé. Elle me parut dans l'univers mental l'équivalent de la multiplication cancéreuse des cellules.
L'effervescence spéculative se développe sans l'amorce d'une responsabilité ni la crainte de la moindre sanction.
Je déteste les miroirs, la procréation et les romans, qui encombrent l'univers d'êtres redondants qui nous émeuvent en vain.
Il manque quelque chose à l'homme qui ne s'est jamais senti éperdu.