Œuvre

L'Homme et le sacré (1939)

La soumission implique la possibilité de l'arrogance et de la révolte: de la stabilité sort le mouvement.
Le sacré est ce qui donne la vie et ce qui la ravit, c'est la source d'où elle coule, l'estuaire où elle se perd.
Nommer est toujours appeler, c'est déjà ordonner.
Tout ce qui ne se consume pas pourrit. Aussi la vérité permanente du sacré réside-t-elle simultanément dans la fascination du brasier et l'horreur de la pourriture.
On existe dans un temps, dans un état, où l'on est seulement tenu de dépenser et de se dépenser. Les mobiles acquisitifs ne sont plus de mise.
Il n'est rien qui, dans l'univers, ne soit susceptible de former une opposition bipartite et ne puisse alors symboliser les différentes manifestations couplées et antagonistes du pur et de l'impur.
Ils les initiaient ainsi non par une cérémonie «blanche» mais par le déploiement premier et effectif; par l'étrenne de leur activité créatrice.
Tout invite à regarder le carnaval moderne comme une sorte d'écho moribond de fêtes antiques du type des Saturnales.
Le roi, en effet, est essentiellement un Conservateur, dont le rôle consiste à maintenir l'ordre, la mesure, la règle.
Les rites de consécration, qui introduisent dans le monde du sacré un être ou une chose, et les rites de désacralisation, ou d'expiation, qui, à l'inverse, rendent une personne ou un objet pur ou impur au monde profane.
La fête est ainsi célébrée dans l'espace-temps du mythe et assume la fonction de régénérer le monde réel.
Ils les initiaient ainsi non par une cérémonie «blanche» mais par le déploiement premier et effectif: l'étrenne de leur activité créatrice.
En face de l'uniformité de l'ordonnance universelle, les dieux apparaissent comme des principes d'individualisation. Ils ont une personalité. Ils fixent un type.
Les cérémonies de fécondité ne sont pas les seules. D'autres ont pour but de faire entrer les jeunes gens dans la société des hommes et de les agréger ainsi à la collectivité. Ce sont les rites d'initiation.
Mieux vaut se contenter de marquer la singularité absolue de la réalité du pouvoir et de souligner l'étroite connexion qui identifie presque sa nature à celle du sacré.
Sans doute, par rapport au sacré, le profane n'est empreint que de caractères négatifs: il semble en comparaison aussi pauvre et dépourvu d'existence que le néant en face de l'être.
De plus en plus, la pureté proprement dite, est identifiée à la netteté physique ou morale, et essentiellement à la chasteté.
Est sacré l'être, la chose ou l'idée à quoi l'homme suspend toute sa conduite, ce qu'il n'accepte pas de mettre en discussion, de voir bafouer ou plaisanter, ce qu'il ne renierait ni ne trahirait à aucun prix.
Le tabou se présente comme un impératif catégorique négatif. Il consiste toujours en une défense, jamais en une prescription. Il n'est justifié par aucune considération de caractère moral.
L'individu isolé, sorti de la dualité élémentaire est un être perdu, un errant. Il ne constitue pas une unité, mais le débris dépareillé d'une totalité vivante.
Le temps épuise, exténue. Il est ce qui fait vieillir, ce qui achemine vers la mort, ce qui use.
La circoncision achève leur phallus. L'ensemble de la cérémonie leur confère les diverses vertus viriles, en particulier la bravoure, l'invincibilité, et d'autre part, le droit et le pouvoir de procréer.