Auteur

Raymond Queneau

L'année prochaine, Théo passera son bachot. On a bon espoir; on se crève assez pour lui.
Il saisit le type par le col de son veston, le tire sur le palier et le projette vers les régions inférieures. Ca fait du bruit: un bruit feutré. Le bada suit le même chemin. Il fait moins de bruit quoiqu'il soit melon.
Théo, le nez plongé dans son assiette, bâfre; c'est la croissance.
Et son coeur saigne encore lorsqu'elle voit sa fille Florette traîner ses yeux cernés sur la braguette de tous les hommes. Enfant de vieux, Florette montre de remarquables dispositions pour ce que Mme Pic appelle le vice et Meussieu Pic la bagatelle.
Ensuite de quoi, a s'rait allée chez l'marchand d'bagnoles. Une bathouze qu'elle aurait dit, avec un capot long comme ça, et des coussins bien rembourrés. Quéque chose qui fasse impressionnant.
Des gens se baguenaudaient par les allées, mais ce n'était pas assez compact pour bien m'amuser.
Mais posez là votre barda, nobles étrangers, et prenez donc un glass avant de repartir.
Barre-toi, barre-toi qu'il dit. Tu ne le reverras plus avant longtemps ton monsieur Albert. Pas avant longtemps. Alors barre-toi... barre-toi...
Ma jeunesse est finie - Ma jeunesse est partie - Je reste sur le cul - Avec quarante ans d'âge - J'ai pris le pucelage de la maturité.
Hector, dit le tavernier, n'as-tu point honte et vergogne de venir ainsi troubler mon réfectoire? Je vais te donner du bâton.
«lantiponnages que tout cela, ravauderies et billevesées, battologies et trivelinades, âneries et calembredaines, radotages et fariboles!» se dit-elle.
Sa somnolence était agitée; il bavotait et rattrapait périodiquement sa salive, exhibant une langue violette.
Péponas fils - car le père chargé d'ans et d'honneurs avait trépassé - fut décoré, pensionné, béatifié, statufié et embaumé.
Dominique lui tint pendant quelque temps compagnie puis finit par l'abandonner bicause l'arrivée de nouveaux invités.
Décidément, c'était le grand béguin, la belle histoire, la vraie amour.
Il disait que la géographie le tourmentait. A d'autres. Je ne suis pas un naïf ni un béjaune. Je le laissais dire.
J'ai un papa qui me surveille. J'ai aussi une belle-mère, pas une vraie, une que mon père a épousée à la mairie du vingt et unième, mais aussi emmerdante qu'une pour de bon.
Cela le mit d'autant meilleure humeur que chaque instant le rapprochait du moment où le repas allait pour de bon commencer. Aussi accueillit-il avec bénévolence un personnage qui avait l'air de qualité.
Bien fini et plus d'espoir, rien. Le père Taupe était réellement pauvre, misérable. Il n'y avait pas plus de trésor que de beurre au cul.
Tu es souvent bidard, toi, dit Petit-Pouce à son copain. Je l'ai vu gagner plusieurs fois, ajouta-t-il ... dans des cas où il n'avait aucune chance, avec des canassons impossibles.
Il revint sur ses pas et apprit avec un vif intérêt qu'il pouvait conserver son bifton, toujours valable pour le voyage à Paris.
Pierrot n'était pas mécontent d'avoir évité un nouveau bigornage, non qu'il fût lâche, mais enfin ça ne l'amusait pas.
Blague dans le coin, dit-elle, je parie que vous êtes de Houilles ou de Bezons, peut-être même de Sartrouville, je reconnais ça à votre accent.
Bon dieu de bon dieu, vous l'aurez pas, que j'vous dis. - - Tiens, vous blasphémez?
Jamais, répondit le duc d'Auge. Je lui ai déjà expliqué que je ne voulais plus remettre les pieds dans ces bleds impossibles. Une croisade c'est beaucoup; deux c'est trop.

Œuvres de Raymond Queneau

Battre la campagne (1968), Les ares vertsBâtons, chiffres et lettres (1950)Bâtons, chiffres et lettres (1950), Rendez-vous de JuilletChêne et chien (1937)Courir les rues (1967), Les optimistesCourir les rues (1967), Rue Paul VerlaineGueule de pierre (1934)Journaux (1914-1965), 14 septembre 1920Journaux (1914-1965), 18 mai 1920Journaux (1914-1965), 1927L'Instant fatal (1946)Le Chant du styrène (1958)Le Chien à la mandoline (1965)Le Chiendent (1933)Le Dimanche de la vie (1952)Le Journal intime de Sally Mara (1950)Le Vol d'Icare (1968)Les Derniers Jours (1936)Les Enfants du Limon (1938)Les Fleurs bleues (1965)