Dieu ne peut être qu'une direction de l'amour, non un objet.
Auteur
Rainer Maria Rilke
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L'aimante toujours surpasse l'être aimé parce que la vie est plus grande que le destin.
J'apprends à voir. Je ne sais pas pourquoi, tout pénètre en moi plus profondément, et ne demeure pas où, jusqu'ici, cela prenait toujours fin. J'ai un intérieur que j'ignorais.
Etre aimée veut dire se consumer dans la flamme. Aimer c'est rayonner d'une lumière inépuisable. Etre aimée c'est passer, aimer c'est durer.
Sur le soupir de l'amie - Toute la nuit se soulève, - Une caresse brève - Parcourt le ciel ébloui. - - C'est comme si dans l'univers - Une force élémentaire - Redevenait la mère - De tout amour qui se perd.
Etre aimé, c'est se consumer dans la flamme.
Si beaucoup de beauté est ici, c'est que partout il y a beaucoup de beauté.
Confiez-vous toujours davantage à tout ce qui est difficile et à votre solitude. Pour le reste, laissez faire la vie. Croyez-moi, la vie a toujours raison.
Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes : tristes et heureux ; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien.
Etre aimé signifie se consumer. Aimer c'est briller comme une flamme, d'huile inépuisable. Etre aimé, c'est périr ; aimer c'est durer.
Les oeuvres d'art sont d'une infinie solitude.
Pour l'instant, vivez les questions. Peut être, un jour lointain, entrerez-vous ainsi, peu à peu, sans l'avoir remarqué, à l'intérieur de la réponse.
La destinée ne vient pas du dehors de l'homme, mais elle sort de l'homme même.
Même si les lampes s'éteignent, même si l'on me dit : il n'y a plus rien, je resterai pourtant. Il y a toujours à regarder.
L'avenir : cette excuse du temps de nous faire peur ; projet trop vaste, morceau trop grand pour la bouche du coeur. Qui t'aura jamais attendu, avenir ? Tout le monde s'en va. Il te suffit d'approfondir L'absence que l'on a.
Seigneur, donne à chacun sa propre mort, - la mort que cette vie comporte - où il connut l'amour, le sens et la détresse. - - Car nous ne sommes rien que l'enveloppe et la feuille ; - la grande mort, que chacun porte en soi, - elle est le fruit, elle est le centre.
La pauvreté est comme une grande lumière au fond du coeur.
Les grandes villes ne pensent qu'à elles-mêmes - Et entraînent tout dans leur hâte dévorante ; - Elles brisent la vie des bêtes comme du bois mort - Et consument des peuples entiers dans leur tourment.
Les oeuvres d'art sont d'une infinie solitude ; rien n'est pire que la critique pour les aborder. Seul l'amour peut les saisir, les garder, être justes envers elles.
Lisez ces vers comme s'ils étaient d'un autre, et vous sentirez tout au fond de vous-même combien ils sont à vous.
Etre artiste veut dire ne pas calculer, ne pas compter, mûrir tel un arbre qui ne presse pas sa sève, et qui, confiant, se dresse dans les tempêtes printanières sans craindre que l'été puisse ne pas venir.
Presque tout ce qui est grave est difficile et tout est grave.
Une seule chose est nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer durant des heures personne, c'est à cela qu'il faut parvenir.
Il nous reste la rue d'hier et la fidélité d'une habitude qui s'étant plu chez nous, n'en est plus repartie.
Car au fond, et précisément pour les choses les plus profondes et les plus importantes, nous sommes inqualifiablement seuls.
Œuvres de Rainer Maria Rilke
Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910)Cité dans Charles Juliet, la conquête de l'obscur de Jean-Pierre Siméon.Correspondance, à Antoinette de Bonstetten, 12 avril 1924.Elégies de Duino (1922)Elégies de Duino, la Première ElégieGravé sur sa tombe.Journal de SchmargendorfL'AvenirLe Livre d'heuresLe Livre de la pauvreté et de la mort (1903)Les Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910)Les Sonnets à Orphée (1923)Les Sonnets à Orphée (1923), II, 11Lettre à W. von HuleviczLettre à un jeune poète, 14 mai 1904Lettres de MuzotLettres milanaises, 23 janvier 1923Lettres à un jeune poète (1929)Lettres à un jeune poète (1929), 14 mai 1904Lettres à un jeune poète 1903-1908 (1929)