Je suis assis et je lis un poète. Il y a beaucoup de gens dans la salle, mais on ne les sent pas. Ils sont dans les livres. Parfois, ils remuent entre les pages, comme des gens qui dorment et se retournent entre deux rêves.
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Presque tout ce qui est grave est difficile et tout est grave.
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Les oeuvres d'art sont d'une infinie solitude; rien n'est pire que la critique pour les aborder. Seul l'amour peut les saisir, les garder, être juste envers elles.
L'on fait bien de constater simplement les choses qui ne peuvent pas changer sans déplorer les faits, ou même les juger.
Je suis couché dans mon lit, au cinquième étage, et mes journées que rien n'interrompt sont comme un cadran sans aiguilles.
Nous naissons, pour ainsi dire, provisoirement, quelque part; c'est peu à peu que nous composons en nous le lieu de notre origine, pour y naître après coup, et chaque jour plus définitivement.
Dans la même œuvre
Lisez ces vers comme s'ils étaient d'un autre, et vous sentirez tout au fond de vous-même combien ils sont à vous.
Etre artiste veut dire ne pas calculer, ne pas compter, mûrir tel un arbre qui ne presse pas sa sève, et qui, confiant, se dresse dans les tempêtes printanières sans craindre que l'été puisse ne pas venir.
Une seule chose est nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer durant des heures personne, c'est à cela qu'il faut parvenir.
Car au fond, et précisément pour les choses les plus profondes et les plus importantes, nous sommes inqualifiablement seuls.
Cherchez la profondeur des choses : l'ironie ne descend jamais jusque-là.