Auteur

Pierre Desproges

Contrairement aux autre sommités qui ont tendance à mourir à la suite d'une longue et cruelle maladie, il meurt à la suite d'une courte maladie rigolote.
D'état ou pas, la télé c'est comme la démocratie : c'est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité.
En un mot comme en cent, chers habitants hilares de ce monde cosmopolite, je répéterai inlassablement qu'il vaut mieux rire d'Auschwitz avec un juif que de jouer au scrabble avec Klaus Barbie.
Je crois qu'on a le droit de rire de tout. Mais rire avec tout le monde, ça, peut-être pas.
Le rire est un exutoire et je ne comprends pas qu'on dise qu'il ne faut pas rire de ce qui fait mal. Ça fait moins mal quand on en a ri.
Qu'est-ce que le premier janvier sinon le jour honni entre tous où des brassés d'imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l'inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père Lachaise …
C'est important l'intelligence. L'intelligence, c'est le seul outil qui permet à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur. L'intelligence c'est comme les parachutes, quand on n'en a pas, on s'écrase.
Et ne me parlez pas de la non-responsabilité du savant face aux utilisations détournées de ses découvertes. Il y a autant de savants innocents dans le monde qu'il y avait de paysans persuadés d'habiter près de l'usine Olida dans les faubourgs de Buchenwald. Innocent Albert Einstein, qui a appliqué sa putain de théorie à l'énergie rayonnante ?
Hiroshima, mon amour... Quel étrange cri, disait Marguerite Yourcenar, à propos de ce titre de Marguerite Duras. Oui, Marguerite Duras, vous savez, l'apologiste sénile des infanticides ruraux... Marguerite Duras, qui n'a pas écrit que des conneries. Elle en a aussi filmé. Mais c'est vrai, quel étrange cri : Hiroshima, mon amour. Et pourquoi pas Auschwitz, mon loulou ?
J'ai un quotient intellectuel de 130.[...] 130, vous rendez-vous compte ? Je m'en suis aperçu en passant un test professionnel. Je voulais quitter ce glorieux métier de la scène pour lequel je suis si peu doué, et devenir cadre à la SNCF. Cesser de lutter pour les feux de la rampe et céder enfin à l'appel du rail. Ne plus mépriser cette voie qui me poussait au train. À quoi bon, me disais-je, faire un bras d'honneur aux chemins de fer quand on perd son bras de fer sur les chemins de l'honneur ?
On peut rire de tout , mais pas avec tout le monde
Il vaut mieux rire d'Auschwitz avec un Juif que de jouer au Scrabble avec Klaus Barbie
Le coup de l'humour... C'est dans les gènes, comme les yeux bleus et les cheveux rouges. Il faut avoir de l'humour et de l'exhibitionnisme pour faire le métier que nous faisons. On peut très bien en avoir beaucoup et ne pas l'exhiber.
J'aime bien le langage, le verbe. Quand on peut le manier, c'est un outil formidable : sans se salir les mains, on peut tuer quelqu'un, l'humilier avec un mot qui vient bien. Par exemple, une des grandes joies de ma vie, c'est d'humilier mes semblables.
J'ai l'impression que, quand les individus se multiplient, les intelligences se divisent. C'est pour ça que je ne participe pas à une manif, que je ne signe pas une pétition. Même si on manifestait pour la survie de mes enfants, je n'irais pas.
Le dessinateur belge Philippe Geluck a une très belle phrase, que je devrais mettre sur mon mur : « Quand quelqu'un partage mon opinion, j'ai l'impression de ne plus avoir qu'une demi-opinion. » C'est ce que je ressens, à tort ou à raison.
Je ne suis pas très sociable, je n'ai pas ce qu'on appelle l'esprit de zinc. Je n'aime pas sourire devant une bière si c'est avec quelqu'un que je n'aime pas.
J'aime mieux mourir dans d'atroces douleurs que d'aller poser mon cul à côté de gens comme Sabatier.
La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute.
Je ne crois pas à Dieu, je ne crois pas au diable, je ne crois pas à Giscard d'Estaing, toutes les grandes valeurs me passent au-dessus de la tête.
Le fait de trouver la mort injuste est déjà une réflexion mystique : on aimerait bien qu'il y ait une solution. Quand on pense que Dieu est la solution, on doit sûrement mieux vivre cette certitude-là. Moi, je suis un athée mystique.
La vraie béatitude, on ne l'a que par l'héroïne pure ou le mongolisme. Et le mongolisme, c'est difficile de se le faire inoculer.
Je suis assez fragile sur le plan de l'intimité...
Je n'aime pas la nuance. Je baise à fond, je bois du calva à 80°, je ne mange pas une cuillère de caviar, il m'en faut six, huit, douze...
Aussi laisserai-je, maintenant, la parole à mon ami Luis Régo, qui poussa, naguère, ici même, le plus troublant des cris d'alarme : « Les chiffres sont accablants : il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde »

Œuvres de Pierre Desproges

(1988)AlmanachAlors bon, qu'est-ce qu'on faitChronique de la haine ordinaireChroniques de la haine ordinaire (1986)Chroniques de la haine ordinaire (2004)Chroniques de la haine ordinaire (2004), Darius et PompomChroniques de la haine ordinaire (2004), Jours de fêteChroniques de la haine ordinaire (2004), Le règne animalChroniques de la haine ordinaire (2004), Non aux jeunes, 9 avril 1986Chroniques de la haine ordinaire, Aurore, 6 juin 1986Chroniques de la haine ordinaire, volume 2, textes inédits (2004)Dans Télérama, 24 novembre 1982.Desproges en petits morceaux : Les meilleures citations (2009)Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantisDictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis (1985)En Scène Au Théâtre Grévin 1986, Label : Tôt Ou TardFonds de tiroirFonds de tiroir (1990)L'Almanach