Mais comment voudriez-vous la France abandonner, - Quand tous les étrangers y veulent retourner ?
Auteur
Pierre de Ronsard
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Ce qui a été, et cela qui doit être, - De ce qui est passé doit recevoir son être; - Le fait sera défait, et puis sera refait, - Et puis, étant refait, se verra redéfait.
Il prend de ses façons, il imite et veut-être - Son disciple, et toujours pour exemple l'avoir, - Et se former en lui ainsi qu'en un miroir.
Je deviens un corps mort, pâle, exsangue et glacé, - Que l'âme son hôtesse en sortant a laissé - Sans esprit, sans chaleur, sans puissance ni force.
L'un, en faisant le fin, toutes choses déguise, - L'autre fait l'entendu, et l'autre le rusé.
Quoi? tu trembles du coeur - Ainsi qu'un petit faon qui tremble tout de peur - Quand il a vu le loup, ou quand loin de sa mère - Il s'effraye du bruit d'une feuille légère.
Quand tu verras tant de farceurs aux villes, - Sauteurs, bouffons, bateleurs inutiles, - Qui vont plongeant le peuple en volupté.
Mais battue ou de pluie, ou d'excessive ardeur, - Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.
Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force - Des Nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?
On dit bien vrai, Fortune est une femme, - Qui aime mieux les jeunes que les vieux.
Courage amis! c'est maintenant qu'il faut, - Vous dont le sang est généreux et chaud, - Accompagner cette belle entreprise.
J'ai gravé sur le tronc nos noms et nos amours, - Qui croîtront à l'envi de l'écorce nouvelle.
Il faut connaître aussi le vice revêtu - D'un habit vertueux, qui d'autant plus offense, - Qu'il se montre honorable, et a belle apparence.
Après lui, descendit le chevelu Orfée, - Qui tenait en ses mains une harpe étoffée - De deux coudes d'ivoire, où par rang se tenaient - Les cordes, qui d'en haut inégales venaient - A bas l'une après l'autre en biais chevillées.
Les Hymnes sont des Grecs invention première - Callimaque beaucoup leur donna de lumière, - De splendeur, d'ornement.
Vous serez au foyer une vieille accroupie - Regrettant mon amour et votre fier dédain - Vivez si m'en croyez n'attendez à demain, - Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.
Le vrai trésor de l'homme est la verte jeunesse, - Le reste de nos ans ne sont que des hivers.
Ayant, comme j'ai fait, pratiqué la misère - De cette pauvre vie, et les maux journaliers - Qui sont des coeurs humains compagnons familiers.
Rien çà-bas qui ne soit par naturel devoir, - Esclave de labeur: non seulement nous hommes, - Qui vrais enfants de peine et de misère sommes, - Mais le Soleil, la Lune et les Astres des Cieux - Font avecques travail leur tour laborieux.
Las! Voyez comme en peu d'espace, - Mignonne, elle a dessus la place, - Las! las! ses beautez laissé cheoir.
Mais quand au lict nous serons - Entrelassez, nous ferons - Les lascifs selon les guises - Des Amans qui librement - pratiquent folastrement - Dans les draps cent mignardises.
D'un gosier masche-laurier - J'oy crier - Dans Lycofron ma Cassandre, - Qui prophetize aux Troyens - Les moyens - Qui les reduiront en cendre.
L'artichot et la salade, - L'asperge et la pastenade - Et les pepons Tourangeaux - Me sont herbes plus friandes - Que les royales viandes - Qui se servent à monceaux.
Un Prométhée en passion je suis, - Et pour aimer perdant toute puissance, - Ne pouvant rien je fais ce que je puis.
Devant les yeus nuict et jour me revient - Le saint portrait de l'angélique face, - Soit que j'escrive, ou sit que j'entrelasse - Mes vers au luth, tousjours il m'en souvient.
Œuvres de Pierre de Ronsard
Abrégé de l'art poétique françaisAmourAmours de Cassandre (1552), IAmours de Cassandre (1552), IIAmours diverses (1578)Amours, ChansonCharitéContinuation des Amours, IXContinuation des Amours, XXXVDerniers Vers (1856), A son âmeDerniers Vers (1856), Ah longues nuicts d'hyver de ma vie bourrellesDerniers Vers (1856), StancesDiscoursDiscours de l'altération et change des choses humainesDiscours des misères de ce tempsDiscours des misères de ce temps (1562)Discours des misères de ce temps (1562), Instituition pour l'adolescence du RoyDiscours, Institution pour l'adolescence du roi très chrétien Charles, neuvième du nomEglogues, I, BergerieEglogues, II