Auteur

Pierre Corneille

Un homme dont les biens font toutes les vertus - Ne peut être estimé que des coeurs abattus.
Je crains ce que je cherche, et je ne connais pas - De plus grand heur pour moi que d'y perdre mes pas.
Qui se venge en secret, en secret en fait gloire.
Allons; ma volonté n'a de loi que la tienne; - Et l'amour, par tes yeux devenu tout-puissant, - Rend déjà la vigueur à mon corps languissant.
Un corps peut-il guérir, dont le coeur est malade?
Un crime attire l'autre, et, de peur d'un supplice, - On tâche, en étouffant ce qu'on en voit d'indice, - De paraître innocent à force de forfaits.
La confidence avec un bon ami - Jamais, sans l'offenser, ne s'exerce à demi.
Loin de vous il n'est rien qu'avec plaisir je voie, - Tout me devient fâcheux, tout s'oppose à ma joie: - Un chagrin invincible accable tous mes sens.
L'absence ne fait mal que de ceux que l'on aime.
Ma flamme est toute pure, et sans rien présumer, - Je ne cherche en aimant que le seul bien d'aimer.
Nous donnons aisément ce qui n'est plus à nous.
Le monde est un chaos, et son désordre excède - Tout ce qu'on y voudrait apporter de remède.
Le cuisant souvenir d'une action méchante - Soudain au moindre mot nous donne l'épouvante.
L'amour est un tyran qui n'épargne personne.
Mon mal augmente à le vouloir guérir.
Monsieur, pour conserver ma gloire et mon estime, - Désobéir un peu n'est pas un si grand crime.
Quoi qu'on fasse d'illustre et de considérable, - Jamais à son sujet un roi n'est redevable.
Je sens couler des pleurs que je veux retenir; - Le passé me tourmente, et je crains l'avenir.
Et lorsque le malade aime sa maladie, - Qu'il a peine à souffrir que l'on y remédie!
Le trop de confiance attire le danger.
Qu'on est digne d'envie - Lorsqu'en perdant la force on perd aussi la vie!
La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau, - Et m'oblige à venger, après ce coup funeste, - Celle que je n'ai plus sur celle qui me reste.
Nous n'avons qu'un honneur, il est tant de maîtresses! - L'amour n'est qu'un plaisir, l'honneur est un devoir.
L'amour le plus parfait n'est pas un mariage; - Fort souvent moins que rien cause un grand changement, - Et les occasions naissent en ce moment.
Il n'en faut point douter, l'amour a des tendresses - Que nous n'apprenons point qu'auprès de nos maîtresses.

Œuvres de Pierre Corneille

Agésilas (1666), II, 7Andromède (1650)Attila (1667), I, 2, ValamirAttila (1667), IV, 6, ArdaricAttila, I, 2, ValamirChansonCinna, ou La clémence d'Auguste (1640)Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), I, 2, EmilieCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), I, 4Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, AugusteCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 1, EuphorbeCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 2, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 5, EmilieCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 2, AugusteCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 4Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, AugusteCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 2, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 3, Auguste