Auteur

Philippe Bouvard

Le propre du moraliste est de tenir pour immorales les saletés qu'il a toujours rêvé de faire.
Pour faire partie de la Communauté, les Turcs renoncent à criminaliser l'adultère. Ils n'avaient pas assez de pierres pour aider à construire l'Europe et organiser des lapidations.
Le disc-jockey est un jeune homme courageux qui se déplace à l'aveugle dans la pénombre en attendant de devenir sourd.
Ah! les faux amis des bêtes qui se prennent à caresser le chien d'une jolie femme avec l'espoir de trouver le chemin de son coeur sous les poils de l'animal!...
Les gens qui finissent vos phrases n'ont jamais terminé une seule de leurs idées.
Les bruits paraissent sourds bien avant qu'on reconnaisse qu'on l'est autant qu'eux.
Des bons confrères se sont rués sur les méchancetés que j'avais écrites à mon propos. Après quoi, ils ont reconnu qu'ils n'avaient rien à ajouter.
Dommage qu'on obtienne le même réflexe d'hilarité en chatouillant les pieds qu'en titillant le cerveau...
Etre soi-même? D'accord. Encore faut-il être quelqu'un.
Personne ne peut plus m'en imposer dès lors que je l'imagine se curant le nez, vomissant dans le lavabo, se livrant au simulacre de la reproduction ou ahanant la longue plainte exonérante sur le siège des commodités.
Ah! la fausse modestie démagogique des stars qui, à la sortie d'un film, saluent le dévouement et la compétence de techniciens sur lesquels, durant le tournage, ils n'ont pas daigné poser leur regard...
Rassurant le déversement régulier des déchets teutons sur notre territoire: on ne saurait systématiquement polluer qu'un pays qu'on s'interdit d'envahir.
Les trophées sportifs - ou autres - qui récompensent une épreuve gagnée à la sueur du corps devraient être remplacés par les déodorants.
J'envie les gens qui ne savent pas écrire. Ils sont obligés de recourir à la parole - volatile par excellence - pour dire de leurs contemporains des méchancetés qui ne laissent nulle trace.
La haine du client est en train de remplacer la lutte des classes.
Confidence d'une romancière: «Depuis toute petite je voulais faire écrivain.»
Il n'y a aucune raison de priver de son record un cycliste qui roule aux amphétamines alors qu'on publie sans sourciller les oeuvres d'un poète qui puise son inspiration dans les spiritueux.
Il court après le prix Goncourt et les petits garçons sans avoir jamais rattrapé que les seconds.
La montée générale des décibels: au cinéma, les chuchotements ont disparu et les amours adultères font tellement de bruit qu'on ne comprend pas comment les cocus peuvent ignorer leur infortune.
Ah! le drame des belles consciences qui vitupèrent la pensée unique mais qui n'exploitent, durant leur vie, que quelques idées fixes.
Au lycée, il décrochait toujours le prix d'excellence. Adulte, il parlait sept langues. L'âge n'avait pas diminué sa faim de savoir et sa soif de culture. Depuis sa retraite, il étudiait le sanscrit. Il est mort hier. Ca lui apprendra.
Depuis l'abolition de la peine capitale, l'erreur judiciaire n'est plus ce qu'elle était.
A notre époque de paresse sexuelle généralisée, les satyres apparaissent comme les derniers détenteurs de la virilité.
Le jour est proche où, pour lutter contre la concurrence sauvage des grands coeurs de service, il faudra déclarer ses bons sentiments et ses vertueuses indignations aux guichets de la propriété compassionnelle.
L'augmentation de l'espérance de vie: davantage de temps pour répéter qu'on est vieux et pour se voir mourir.

Œuvres de Philippe Bouvard

Bouvard de A à Z (2014)Douze mois et moi (1978)Douze mois et moi (1978), MarsJournal 1992-1996Journal 1997-2000Le Journal de Bouvard, 1992-1996 (1997)Lettre ouverte aux marchands du Temple (1967)Maximes au minimumMaximes au minimum (1999)Mille et une pensées (2005)ProverbesRéactions à la mort de Jean Yanne, le 23 mai 2003.TF1 le 18 août 2000, Nos meilleurs momentsTF1 le 5 avril 2002, 25 ans des \"Grosses Têtes\"Tous des hypocrites, sauf vous et moi (1979)Un oursin dans le caviar (1973)