Auteur

Philippe Bouvard

Certains avocats sont si fainéants qu'ils préfèrent défendre les innocents plutôt que les coupables.
N'est-il pas de pire fou que celui qui se prend pour un sage?
Heureux les pauvres qui ne sont aimés que pour eux-mêmes!...
Il paraît que l'exode fiscal se poursuit en direction de la Suisse et de la Belgique, pays qui échappent à la dépense d'un second porte-avions puisqu'ils ont eu la prudence de ne pas s'équiper d'un premier.
D'un côté, mon coeur penche pour le désintéressement mais de l'autre, ma main attrape tout ce qui passe à sa portée.
A vos marques! Prêts? Partez! Jamais la formule sacramentelle n'est apparue plus ambiguë que depuis que les champions se dopent à la pub.
On sait aujourd'hui qu'on est devenu un personnage important quandd on vous offre davantage d'argent pour déguster gratuitement du caviar que vous n'en auriez déboursé pour en acheter.
Les riches souhaitent être de plus en plus riches. Les pauvres ont cessé d'accepter la pauvreté. D'où le malaise.
Ah! les milliardaires qui assurent n'avoir jamais fait tort d'un euro à personne alors que l'argent gagné sort toujours de la poche d'autrui.
La fortune résultant de la différence entre dépenses et recettes, les riches encaissent plus volontiers qu'il ne décaissent. C'est même à cette particularité qu'ils se reconnaissent des pauvres qui, eux, n'ont nul crédit à espérer.
Le capitalisme ne pose de cas de conscience qu'à ceux qui réussissent à faire des économies.
Alors qu'on jette désormais les chaussettes trouées, les bas de laine n'espèrent toujours qu'en la reprise.
La propriété foncière et immobilière: à l'abri de tout sauf des glissements de terrain, des catastrophes naturelles, des erreurs de cadastre, des revers de fortune et des révolutions. C'est-à-dire terriblement aléatoire.
Le commerce est un exercice gymnique dont la culbute constitue la figure maîtresse selon une chorégraphie évoluant entre nécessité quotidienne, séduction à la hussarde et malhonnêteté légale.
La loi punit désormais sévèrement le blanchiment d'argent sale: c'est la première fois qu'une démarche visant à la propreté constitue un délit.
Résultat le plus visible de notre capitalisme honteux: l'argent ruine aujourd'hui plus de carrières politiques qu'il n'enrichit de notables.
Qu'on arrête de nous bassiner avec le culte de la croissance: c'est quand la mienne s'est arrêtée que j'ai commencé à être prospère.
La mythologie contemporaine privilégie ceux qui, contre mauvaise fortune, savent faire bon coeur. Plutôt le voeu de pauvreté que l'ambition de richesse.
C'est l'une des grandes naïvetés de la justice d'estimer que l'argent souvent mal acquis a été toujours bien placé.
La quasi-disparition de l'inflation prive les salariés d'un des plaisirs les plus gratifiants du monde du travail: la demande d'augmentation.
Dans le sport automobile, le pilote doit d'abord trouver la clé qui établit le contact avec les sponsors.
Le misérabilisme a été inventé pour que les riches puissent se changer les idées.
Le métier d'homme politique repose sur l'art de se rappeler périodiquement au bon souvenir de concitoyens dont on tire ses revenus en écornant les leurs.
Sur la liste des héros de notre époque, le supergagnant du Loto se situe avant le commandant de bord et le chirurgien-cardiologue.
L'insécurité fondamentale du joueur: quels que soient sa notoriété, sa compétence, son courage, sa situation professionnelle, son revenu, il est certain de perdre plus vite l'argent qu'il ne le gagne.

Œuvres de Philippe Bouvard

Bouvard de A à Z (2014)Douze mois et moi (1978)Douze mois et moi (1978), MarsJournal 1992-1996Journal 1997-2000Le Journal de Bouvard, 1992-1996 (1997)Lettre ouverte aux marchands du Temple (1967)Maximes au minimumMaximes au minimum (1999)Mille et une pensées (2005)ProverbesRéactions à la mort de Jean Yanne, le 23 mai 2003.TF1 le 18 août 2000, Nos meilleurs momentsTF1 le 5 avril 2002, 25 ans des \"Grosses Têtes\"Tous des hypocrites, sauf vous et moi (1979)Un oursin dans le caviar (1973)