L'amour sans la jalousie, n'est pas l'amour.
Toutes les femmes écrivent. On ne trouve même plus de femme de ménage.
Il y a une jouissance dans les ruptures, si on ne se laisse pas prendre par la pitié.
Mon esprit aussi cabriole et chahute.
Je portais partout la passion, la spontanéité ... quand les femmes n'y mettent que calcul, prudence, dissimulation et diplomatie.
Je n'écris bien que si j'écris à la diable. Si je veux m'appliquer je ne fais rien de bon.
Il fut un temps où on savait se venger d'un bon mot par un autre bon mot, rendre épigramme pour épigramme.
Il y a là une foule de faits, de noms, de documents, de portraits même, tantôt dessiné au complet, tantôt seulement esquissés.
Bavarder est facile. Vaticiner et ennuyer l'est également.
Je voulais dire que j'ai toujours eu besoin de la facilité chez une femme pour trouver du plaisir dans l'amour.
Toute son oeuvre de chroniqueur, à part quelques rares morceaux, n'est qu'un long palmarès fastidieux, fade, niais, presque servile.
C'est un charabia sans nomà force de vague, de fioriture et de mots prétentieux.
Je les ai trouvés, par moments, assez sympathiques. C'est, je crois, qu'ils sont francs, simples, qu'ils apportenet de la bonhomie, de la gaieté dans leurs peccadilles, qu'ils ne s'exagèrent pas leurs vertus, qu'ils se voient tels qu'ils sont.
Mais quand M. Alfred Mortier écrit Sylla, il ne me montre que de l'habileté. C'est un beau tour de force, mais non de la force.
Au contraire de tant d'autres, l'habitude est une condition de mon plaisir. Plus j'ai de souvenirs, d'images de mes plaisirs passés, plus grand est mon plaisir du moment.
Mieux vaut une laide avec de l'esprit. Même dans certaine occupation, l'esprit a son intérêt. L'amour dans la bêtise est un piètre amour.
L'amour, sans la jalousie, n'est pas l'amour.
Il faut de la passion, du parti pris, une sorte d'aveuglement prémédité, de j'm'en fichisme, pour vivre et pour agir, - et pour écrire.
C'est une force que n'admirer rien.
Le véritable amour est exigeant, violent, exclusif, méchant, avec des moments de ressentiment. Le plus grand amour peut comporter une part de détestation. L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes.
Notre tempérament, notre caractère, nos passions, sont nos maîtres. Nos actions, nos goûts, notre conduite, sont commandés par eux.
Quand on est fou d'une femme, on a beau savoir ce qu'on devrait faire, on fait le contraire.
Les plaisirs de l'amour n'ont toute leur saveur que dans la maturité.
Il n'est de sentences, de maximes, d'aphorismes, dont on ne puisse écrire la contrepartie.
Un bon mot, mais ce peut être tout, un bon mot! Ce peut être la poésie, l'émotion, le rire, le tragique, la douleur, la bonté, l'amour, toute l'expérience de la vie, tout un caractère, toute une philosophie.
Œuvres de Paul Léautaud
Amours (1958)CorrespondanceDans La Vie secrète de Paul Léautaud (1923) de Marie Dormoy.Entretiens avec Robert MalletEntretiens avec Robert Mallet (1951)EpitapheJournal littéraire (1893-1956)Journal littéraire (1893-1956), 11 août 1913, IJournal littéraire (1893-1956), 12 août 1937, IIJournal littéraire (1893-1956), 14 Octobre 1942, IIIJournal littéraire (1893-1956), 14 mars 1897Journal littéraire (1893-1956), 15 août 1903Journal littéraire (1893-1956), 15 février 1934, IIJournal littéraire (1893-1956), 16 octobre 1932Journal littéraire (1893-1956), 1922-1924Journal littéraire (1893-1956), 2 Avril 1942, IIIJournal littéraire (1893-1956), 2 mai 1950, IIIJournal littéraire (1893-1956), 21 mai 1923, IJournal littéraire (1893-1956), 24 août 1903, IJournal littéraire (1893-1956), 25 août 1903