Œuvre

Journal littéraire (1893-1956)

C'est une force que d'admirer rien.
Les hommes se valent tous, un fusil à la main, d'où qu'ils soient.
Il n'y a encore que les gens qui écrivent qui sachent lire.
Je n'ai rien vu de grand dans la vie que la cruauté et la bêtise.
La seule foi qui me reste, et encore! c'est la foi dans les Dictionnaires.
La solitude conserve neuf.
Pourquoi faire part de nos opinions? Demain, nous en aurons changé.
Je n'ai jamais eu de chance avec les femmes. Il est toujours arrivé un moment où leur bêtise a dépassé mon amour.
Je voulais dire que j'ai toujours eu besoin de la facilité chez une femme pour trouver du plaisir dans l'amour.
C'est une force que n'admirer rien.
Le véritable amour est exigeant, violent, exclusif, méchant, avec des moments de ressentiment. Le plus grand amour peut comporter une part de détestation. L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes.
Tout ce qui est l'autorité me donne envie d'injurier.
Arriver à quarante ans avec un millier de vers dont la beauté me mérite d'être bafoué, voilà ma seule ambition.
Celui qui meurt pour une idée est un imbécile.
N'ai-je pas trouvé il y a quelques jours une sorte de devise que je prendrais très bien pour moi, si j'avais la manie d'avoir une devise: Plaisir passe intérêt. C'est tout à fait vrai pour moi, depuis toujours.
Il paraît qu'il est immoral de parler de soi. Moi, je ne sais guère que parler de moi.
L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes.
Je repense à cette idée que j'avais en 1897, d'écrire moi- même une étude sur moi. On n'est pas beau après l'amour.