Puisqu'à moins d'un arrêt je ne m'en puis défaire, - Toutes deux à la fois je vous veux satisfaire; - Et pour ne point blâmer ce qui plaît à vos yeux, - Le jaloux aime plus, et l'autre aime bien mieux.
S'il faut des soins et des travaux, - En aimant, - On est payé de mille maux - Par un heureux moment.
Un coeur tendre est aimable, et le nom de cruelle - N'est pas un nom à se faire estimer: - Dans le temps où l'on est belle, - Rien n'est si beau que d'aimer.
Il est bon, Madame, de ne pas laisser un amant seul maître du terrain, de peur que, faute de rivaux, son amour ne s'endorme sur trop de confiance.
Que peut-on mieux faire - Qu'aimer et que plaire? - C'est un soin charmant - Que l'emploi d'un amant.
N'ayez d'yeux que pour moi, qui n'en ai que pour vous, - Ne songez qu'à m'aimer, ne songez qu'à me plaire, - Et quand de tels soucis osent vous en distraire.
Madame, cent vertus ornent votre beauté.
Mais dans un entretien qu'avec vous je destine - N'allez point déployer toute votre doctrine, - Faire le pédagogue, et cent mots me cracher, - Comme si vous étiez en chaire pour prêcher.
Il est bon de lui tenir un peu la bride haute.
Ah! La belle chose que de savoir quelque chose!
Mon Dieu! ma chère, que ton père a la forme enfoncée dans la matière! Que son intelligence est épaisse! Et qu'il fait sombre dans son âme!
Il est bien difficile enfin d'être fidèle - A de certains maris faits d'un certain modèle; - Et qui donne à sa fille un homme qu'elle hait - Est responsable au Ciel des fautes qu'elle fait.
On sait que la chair est fragile quelquefois, - Et qu'une fille enfin n'est ni caillou ni bois. - Vous n'avez pas été sans doute la première, - Et vous ne serez pas, que je crois, la dernière.
Ah! Madame, faut-il me voir précipité - De l'espoir glorieux dont je m'étais flatté? - Et ne puis-je savoir quels crimes on m'impute, - Pour avoir mérité cette effroyable chute?
Non: vous avez beau faire et beau me raisonner, - Rien de ce que je dis ne me peut détourner: - Trop de perversité règne au siècle où nous sommes, - Et je veux me tirer du commerce des hommes.
Avez-vous sur mon coeur quelque empire à prétendre? - Et pour régler mes voeux, ai-je votre ordre à prendre?
Le tonnerre tombe avec un grand bruit et de grands éclairs sur Dom Juan; la terre s'ouvre et l'abîme; et il sort de grands feux de l'endroit où il est tombé.
Je l'irai visiter dans deux ou trois jours; mais s'il mourait avant ce temps-là, ne manquez pas de m'en donner avis, car il n'est pas de la civilité qu'un médecin visite un mort.
Ah! je leur ferai voir si, pour donner la loi, - Il est dans ma maison d'autre maître que moi.
Un amant fait sa cour où s'attache son coeur, - Il veut de tout le monde y gagner la faveur; - Et, pour n'avoir personne à sa flamme contraire, - Jusqu'au chien du logis il s'efforce de plaire.
Je vis de bonne soupe, et non de beau langage. - Vaugelas n'apprend point à bien faire un potage, - Et Malherbe et Balzac, si savants en beaux mots, - En cuisine peut-être auraient été des sots.
Nous serons par nos lois les juges des ouvrages. - Par nos lois, prose et vers, tout nous sera soumis. - Nul n'aura de l'esprit, hors nous et nos amis. - Nous chercherons partout à trouver à redire, - Et ne verrons que nous qui sache bien écrire.
Il nous faut obéir, ma soeur, à nos parents, - Un père a sur nos voeux une entière puissance.
Cette amoureuse ardeur qui dans les coeurs s'excite, - N'est point, comme l'on sait, un effet du mérite: - Le caprice y prend part, et quand quelqu'un nous plaît, - Souvent nous avons peine à dire pourquoi c'est.
J'aime la liberté en amour, tu le sais, et je ne saurais me résoudre à renfermer mon coeur entre quatre murailles.
Œuvres de Molière
AmphitrionAmphitryon (1668)Amphitryon (1668), I, 1, SosieAmphitryon (1668), I, 2, MercureAmphitryon (1668), I, 2, SosieAmphitryon (1668), I, 4, MercureAmphitryon (1668), II, 1Amphitryon (1668), II, 2, AmphitryonAmphitryon (1668), II, 3, SosieAmphitryon (1668), II, 6, AlcmèneAmphitryon (1668), II, 6, JupiterAmphitryon (1668), III, 10, JupiterAmphitryon (1668), III, 10, SosieAmphitryon (1668), III, 4, AmphitryonAmphitryon (1668), III, 5, SosieCité par Grimarest, dans Vie de M. de Molière, 1705.Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661)Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), II, 5Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), III, 2, Dom sylveDom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), III, 3, Done elvire