L'estime où l'on vous tient a dissipé l'orage, - Et mon mari de vous ne peut prendre d'ombrage.
Si vous n'êtes pas malade, que diable ne le dites-vous donc?
L'air précieux n'a pas seulement infecté Paris, il s'est aussi répandu dans les provinces, et nos donzelles ridicules en ont humé leur bonne part. En un mot, c'est un ambigu de précieuse et de coquette que leur personne.
Le traître, quel qu'il soit, n'aura pas l'avantage - De dérober sa vie à l'effort de ma rage.
Philinte: - - Mon flegme est philosophe autant que votre bile. - - Alceste: - - Mais ce flegme, Monsieur, qui raisonne si bien, - Ce flegme pourra-t-il ne s'échauffer de rien?
Je ne veux point qu'un gendre puisse à ma fille reprocher ses parents, et qu'elle ait des enfants qui aient honte de m'appeler leur grand-maman.
Ciel! Faut-il qu'aujourd'hui Fâcheuses et Fâcheux - Conspirent à troubler le plus cher de mes voeux!
Et les deux bras croisés, du haut de son esprit - Il regarde en pitié tout ce que chacun dit.
Vous vous moquez; la tranquillité en amour est un calme désagréable; un bonheur tout uni nous devient ennuyeux; il faut du haut et du bas dans la vie; et les difficultés qui se mêlent aux choses réveillent les ardeurs, augmentent les plaisirs.
S'il faut faire à la cour pour vous quelque ouverture, - On sait qu'auprès du Roi je fais quelque figure; - Il m'écoute; et dans tout, il en use, ma foi! - Le plus honnêtement du monde avecque moi.
Sur quelque préférence, une estime se fonde, - Et c'est n'estimer rien, qu'estimer tout le monde.
Moi, votre ami? Rayez cela de vos papiers.
Jamais, leur passion n'y voit rien de blâmable, - Et dans l'objet aimé, tout leur devient aimable.
C'est ainsi, qu'un amant, dont l'ardeur est extrême, - Aime jusqu'aux défauts des personnes qu'il aime.
On peut être honnête homme, et faire mal des vers.
Ciel! rien de plus cruel peut-il être inventé? - Et jamais coeur fut-il de la sorte traité? - Quoi? d'un juste courroux je suis ému contre elle, - C'est moi qui me viens plaindre, et c'est moi qu'on querelle!
Rendez-vous donc, ô divine Amarante, - Soumettez-vous aux volontés d'Amour; - Aimez pendant que vous êtes charmante, - Car le temps passe, et n'a point de retour.
Souffrez qu'Amour cette nuit vous réveille; - Par mes soupirs laissez-vous enflammer: - Vous dormez trop, adorable merveille; - Car c'est dormir que de ne point aimer.
Ne craignez rien: dans l'amoureux empire - Le mal n'est pas si grand que l'on le fait; - Et lorsqu'on aime, et que le coeur soupire, - Son propre mal souvent le satisfait.
Soupirez librement pour un amant fidèle, - Et bravez ceux qui voudraient vous blâmer. - Un coeur tendre est aimable, et le nom de cruelle - N'est pas un nom à se faire estimer: - Dans le temps où l'on est belle - Rien n'est si beau que d'aimer.
On ne meurt qu'une fois, et c'est pour si longtemps.
Mais que me répondrait votre incrédulité - Si je vous faisais voir qu'on vous dit vérité?
A force de sagesse, on peut être blâmable; - La parfaite raison fuit toute extrémité, - Et veut que l'on soit sage avec sobriété.
La surprise me flatte, et je me sens saisir - De merveille à la fois, d'amour et de plaisir.
Et quant à moi, je trouve, ayant tout compassé, - Qu'il vaut mieux être encor cocu que trépassé.
Œuvres de Molière
AmphitrionAmphitryon (1668)Amphitryon (1668), I, 1, SosieAmphitryon (1668), I, 2, MercureAmphitryon (1668), I, 2, SosieAmphitryon (1668), I, 4, MercureAmphitryon (1668), II, 1Amphitryon (1668), II, 2, AmphitryonAmphitryon (1668), II, 3, SosieAmphitryon (1668), II, 6, AlcmèneAmphitryon (1668), II, 6, JupiterAmphitryon (1668), III, 10, JupiterAmphitryon (1668), III, 10, SosieAmphitryon (1668), III, 4, AmphitryonAmphitryon (1668), III, 5, SosieCité par Grimarest, dans Vie de M. de Molière, 1705.Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661)Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), II, 5Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), III, 2, Dom sylveDom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), III, 3, Done elvire