Allez-vous-en faire la paix ensemble, et tâchez de l'apaiser par des excuses de votre emportement.
Laissons là ce discours, et parlons d'autre chose: je ne m'apaise pas, non, si facilement; je suis trop en colère. Il faut premièrement me rendre un bon office, et nous verrons ensuite si je dois de vos feux reprendre la conduite.
Enfin je vous ai dit à quoi je vous engage: jouez bien votre rôle; et pour mon personnage, si vous apercevez que j'y manque d'un mot, dites absolument que je ne suis qu'un sot.
Vous faites une de ces femmes qui pensent être les plus vertueuses personnes du monde pourvu qu'elles sauvent les apparences.
Est-il possible que toujours j'aurai du dessous avec elle, que les apparences toujours tourneront contre moi, et que je ne parviendrai point à convaincre mon effrontée?
A qui vit sans amour la vie est sans appas.
A moins de voir madame en être importunée, rien ne m'appelle ailleurs de toute la journée.
J'offenserais mal à propos tout Paris, si je l'accusais d'avoir pu applaudir à une sottise.
Tous les soins qu'elles prennent ne sont que pour cela; et l'on n'en voit point de si fière qui ne s'applaudisse en son coeur des conquêtes que font ses yeux.
Tiens, si tu ris encore le moins du monde, je te jure que je t'appliquerai sur la joue le plus grand soufflet qui se soit jamais donné.
Quoi? Quand je dis: «Nicole, apportez-moi mes pantoufles, et me donnez mon bonnet de nuit» c'est de la prose?
Messieurs, taisez-vous quand Dieu ne vous a pas donné la connaissance d'une chose; n'apprêtez point à rire à ceux qui vous entendent parler, et songez qu'en ne disant mot, on croira peut-être que vous êtes d'habiles gens.
Ho bien! Votre fille n'est pas si difficile que cela, et elle s'est apprivoisée depuis qu'elle est chez moi.
Approchez, monsieur de Bonnefoy, approchez. Prenez un siége, s'il vous plaît. Ma femme m'a dit, monsieur, que vous étiez fort honnête homme, et tout à fait de ses amis; et je l'ai chargée de vous parler pour un testament que je veux faire.
Il y a quelque chose de vrai dans ce que vous dites; mais je trouve que vous appuyez un peu trop sur l'argent; et l'intérêt est quelque chose de si bas, qu'il ne faut jamais qu'un honnête homme montre pour lui de l'attachement.
Eh! Je m'en étois bien douté, et la pendarde s'est retirée, voyant qu'elle ne gagnoit rien après moi, ni par prières ni par menaces.
Je n'ai pas pu venir plus tôt, et j'ai mis vingt garçons après votre habit.
Je suis après à m'équiper, et le besoin que j'ai de quelque argent me fait consentir, malgré moi, à ce qu'on me propose.
Je vais au rendez-vous: c'en est l'heure à peu près; puis je veux m'y trouver plutôt avant qu'après.
Apprenez que Cicéron dit qu'entre l'arbre et le doigt il ne faut point mettre l'écorce.
C'est une chose qui me tient au coeur. Je souhaite ardemment qu'il m'aime.
Un feu invisible me brûle, je n'en puis plus, et tout mon corps devient un brasier ardent.
Mais l'argent, dont on voit tant de gens faire cas, - Pour un vrai philosophe a d'indignes appas.
Ergaste, le voilà cet Argus que j'abhorre, le sévère tuteur de celle que j'adore.
C'est le frapper par son endroit mortel, c'est lui percer le coeur, c'est lui arracher les entrailles.
Œuvres de Molière
AmphitrionAmphitryon (1668)Amphitryon (1668), I, 1, SosieAmphitryon (1668), I, 2, MercureAmphitryon (1668), I, 2, SosieAmphitryon (1668), I, 4, MercureAmphitryon (1668), II, 1Amphitryon (1668), II, 2, AmphitryonAmphitryon (1668), II, 3, SosieAmphitryon (1668), II, 6, AlcmèneAmphitryon (1668), II, 6, JupiterAmphitryon (1668), III, 10, JupiterAmphitryon (1668), III, 10, SosieAmphitryon (1668), III, 4, AmphitryonAmphitryon (1668), III, 5, SosieCité par Grimarest, dans Vie de M. de Molière, 1705.Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661)Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), II, 5Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), III, 2, Dom sylveDom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), III, 3, Done elvire