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Molière

Ah! Je viens vous trouver, accablé de douleur. - Le ciel, seigneur Arnolphe, a conclu mon malheur; - et par un trait fatal d'une injustice extrême, - on me veut arracher de la beauté que j'aime.
Il n'y a personne: j'ai beau dire, on me laisse toujours seul; il n'y a pas moyen de les arrêter ici.
Et quel est le dessein où votre âme s'arrête, - Madame?
Je puis vous dissiper ces craintes ridicules, - Madame, et je sais l'art de lever les scrupules.
Mais, avec tout cela, quoi que je puisse faire, - je confesse mon foible, elle a l'art de me plaire.
Après vous m'apprendrez l'almanach, pour savoir quand il y a de la lune et quand il n'y en a point.
Taisez-vous, as de pique.
Ne dites-vous pas que l'ascendant est plus fort que tout? et s'il est écrit dans les astres que je sois enclin à parler de vous, comment voulez-vous que je résiste à ma destinée?
Quelque vol de mon coeur, quelque assassinat de ma franchise.
J'ai ce soufflet fort sur le coeur; et je suis dans l'incertitude si, pour me venger de l'affront, je dois me battre avec mon homme, ou bien le faire assassiner.
Assassiner, c'est le plus court chemin. Quel est votre ennemi?
Est-ce que vous avez envie de faire crever tout le monde? Et monsieur a-t-il invité des gens pour les assassiner à force de mangeaille?
Ah! Qu'il faut avouer que celui qu'on vous a donné étoit peu digne de l'honneur qu'il a reçu, et que c'est une étrange chose que l'assemblage qu'on a fait d'une personne comme vous avec un homme comme lui!
Puisqu'un même malheur aujourd'hui nous assemble, allons, partons ensemble.
Faites-moi tout ce qu'il vous plaira, battez-moi, assommez-moi de coups, tuez-moi, si vous voulez: il faut que je décharge mon coeur, et qu'en valet fidèle je vous dise ce que je dois.
Je ne dis pas cela; mais je lui disois, moi, qu'un froid écrit assomme, qu'il ne faut que ce foible à décrier un homme, et qu'eût-on, d'autre part, cent belles qualités, on regarde les gens par leurs méchants côtés.
Ah! Monsieur Lysidas, vous nous assommez avec vos grands mots.
Voilà, je vous l'avoue, un abominable homme! - Je n'en puis revenir, et tout ceci m'assomme.
Il est vrai qu'à la mode il faut m'assujettir, et ce n'est pas pour moi que je me dois vêtir!
La mine résolue, la tête haute, les regards assurés.
Mais peut-être il n'est pas que vous n'ayez bien vu - ce jeune astre d'amour de tant d'attraits pourvu: - c'est Agnès qu'on l'appelle.
J'ignore pour quel sort mon astre m'a fait naître; - mais je sais que pour vous, si vous manquez de l'être, - on ne vous en doit point imputer le défaut, - car vos soins pour cela font bien tout ce qu'il faut.
Mais ne présumez pas que sans être vengé - je souffre le dépit de me voir outragé.
Philis est l'objet charmant - qui tient mon coeur à l'attache; - et je devins son amant - la voyant traire une vache.
Plus l'obstacle est puissant, plus on reçoit de gloire, - et les difficultés dont on est combattu - sont les dames d'atour qui parent la vertu.

Œuvres de Molière

AmphitrionAmphitryon (1668)Amphitryon (1668), I, 1, SosieAmphitryon (1668), I, 2, MercureAmphitryon (1668), I, 2, SosieAmphitryon (1668), I, 4, MercureAmphitryon (1668), II, 1Amphitryon (1668), II, 2, AmphitryonAmphitryon (1668), II, 3, SosieAmphitryon (1668), II, 6, AlcmèneAmphitryon (1668), II, 6, JupiterAmphitryon (1668), III, 10, JupiterAmphitryon (1668), III, 10, SosieAmphitryon (1668), III, 4, AmphitryonAmphitryon (1668), III, 5, SosieCité par Grimarest, dans Vie de M. de Molière, 1705.Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661)Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), II, 5Dom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), III, 2, Dom sylveDom Garcie de Navarre, ou Le prince jaloux (1661), III, 3, Done elvire