C'est l'Etat, c'est l'autel de la religion politique sur lequel la société naturelle est toujours immolée: une universalité dévorante, vivant de sacrifices humains, comme l'Eglise.
Auteur
Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine
Amoureux et jaloux de la liberté humaine, et la considérant comme la condition absolue de tout ce que nous adorons et respectons dans l'humanité, je retourne la phrase de Voltaire, et je dis: Si Dieu existait réellement, il faudrait le faire disparaître.
L'uniformité c'est la mort, la diversité c'est la vie.
La révolution n'est pas la révolution lorsqu'elle agit en despote et lorsque, au lieu de provoquer la liberté dans les masses, elle provoque la réaction en leur sein.
L'Etat, c'est le mal, mais un mal historiquement nécessaire, aussi nécessaire dans le passé que le sera tôt ou tard son extinction complète.
C'est en cherchant l'impossible que l'homme a toujours réalisé et reconnu le possible, et ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur paraissait le possible n'ont jamais avancé d'un seul pas. D'ailleurs, en présence de l'immense carrière parcourue par l'esprit humain pendant les trois mille ans à peu près connus par l'histoire, qui osera dire ce qui dans trois, cinq, dix mille autres années sera possible et impossible ?
C'est en cherchant l'impossible que l'homme a toujours réalisé le possible. Ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur paraissait le possible n'ont jamais avancé d'un seul pas.
C'est en cherchant l'impossible que l'homme a toujours réalisé et reconnu le possible, et ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur paraissait le possible n'ont jamais avancé d'un seul pas.
Car, pour l'homme, la vie en dehors de toute société et de toutes les influences humaines, l'isolement absolu, c'est la mort intellectuelle, morale et matérielle aussi.
Tout Etat doit conquérir ou être conquis.
Où l'Etat commence s'arrête la liberté individuelle, et vice versa.
Exister réellement, pour les hommes comme pour tout ce qui existe, ne signifie pas autre chose que se manifester.
La liberté est indivisible: on ne peut en retrancher une partie sans la tuer toute entière.
Les hommes mauvais et médiocres, toujours satisfaits d'eux-mêmes, n'éprouvent aucune répugnance à se glorifier.
La science est aussi peu capable de saisir l'individualité d'un homme que celle d'un lapin.
C'est la négation cynique de toutes les vertus; tu as de l'argent, quelque canaille ou quelque stupide que tu sois, tu possèdes tous les droits.
C'est le propre du privilège et de toute position privilégiée que de tuer l'esprit et le coeur des hommes.
L'homme le mieux doué par la nature n'en reçoit que des facultés, mais que ces facultés restent mortes, si elles ne sont pas fertilisées par l'action bienfaisante et puissante de la collectivité.
Un sentiment légitime, naturel, base de la liberté, se révolte en tout homme contre toute mesure imposée, eût-elle même la liberté pour but.
La révolution sociale seule aura la puissance de fermer en même temps tous les cabarets et toutes les églises.
Gare alors aux tondeurs ; car là où il y a un troupeau il y aura nécessairement aussi des tondeurs et des mangeurs de troupeau.
Le but final de l'éducation ne devant être que celui de former des hommes libres et pleins de respect et d'amour pour la liberté d'autrui.
La véritable école pour le peuple et pour tous les hommes faits, c'est la vie.
L'art est donc en quelque sorte le retour de l'abstraction dans la vie. La science est au contraire l'immolation perpétuelle de la vie fugitive, passagère, mais réelle, sur l'autel des abstractions éternelles.
Toutes les religions sont cruelles, toutes sont fondées sur le sang, car toutes reposent principalement sur l'idée du sacrifice, c'est-à-dire sur l'immolation perpétuelle de l'humanité à l'inextinguible vengeance de la Divinité.
Œuvres de Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine
Considérations philosophiques sur le monde réel (1895-1913)Dieu et l' Etat (1882)Dieu et l'Etat (1882)Fédéralisme, socialisme et antithéologisme (1867)L'Empire knouto-germanique et la Révolution sociale (1871)L'empire knouto-germanique et la révolution sociale (1870-1871)La LibertéLa Liberté (1969)Lettres à un Français sur la crise actuelle (1870)