Auteur

Michel-Ange

Dormir me plaît et plus encore d'être de pierre - Tant que durent le mal et la honte ici-bas... - Ne rien voir ni sentir m'est chose douce et chère; - Ne m'éveillez donc point! Par pitié, parlez bas!
Je vis de me mourir et, à vrai dire, - je vis heureux de mon malheureux sort. - Quiconque ne sait vivre d'angoisse et de mort, - qu'il entre dans ce feu qui me brûle et dévore.
Je reste seul à me consumer dans le noir - quand le soleil dérobe au monde sa lumière - D'autres, c'est par plaisir qu'ils s'étendent à terre, - moi, c'est dans mon malheur pour gémir et pleurer.
Je dis que la peinture me paraît devoir être tenue pour d'autant meilleure qu'elle est plus proche du relief.
Se sublimer est noble, se cultiver est bénéfique, se maîtriser est viril, mais pour l'âme véritablement inspirée, tout cela paraît bien médiocre et bien plat quand on peut se branler.
Le dessin, que d'un autre nom nous appelons trait, est ce en quoi consiste et ce qui constitue la source et le corps de la peinture, de l'architecture et de tous les autres genres d'art, et la racine de toutes les sciences.
On juge de la science d'un grand homme à travers sa crainte de ne pas exécuter une chose exactement comme il la conçoit.
Ce que David a fait avec sa fronde, moi Michel-Ange je le fais avec mon outil.
La bonne peinture est une musique, une mélodie dont seul l'intellect peut percevoir l'extrême complexité.
Si les gens savaient à quel point j'ai travaillé pour développer ce talent, il ne s'étonneraient plus.
Le sommeil de toute grandeur s'appelle: bonté.
J'ai vu un ange dans le marbre et j'ai seulement ciselé jusqu'à l'en libérer.
A l'esprit vide et aveuglé celui qui ne reconnait pas que le pied est plus distingué que la chaussure, et la peau bien plus que le vêtement.
Dieu a donné une soeur au souvenir et il l'a appelée espérance.
Cherchant au cours des ans, à travers maints essais, - C'est proche de la mort que le sage artisan, - Dans une pierre alpestre et dure, - Trouve la juste idée d'une image vivante.
Le ciel veut aussi que je convoite ce qui ne plaît pas, parce que, dans la volonté humaine, l'habitude, quand on aime le beau, embellit ce qu'il ya de laid.
La joie et le tourment me menacent également de la mort après une longue épreuve, car le mal nuit davantage que le bien ne profite.
En sorte que si, pour augmenter mon malheur, vous devenez plus belle, mon âme ne goûtera jamais plus douce satisfaction; car un grand bonheur fait supporter une grande souffrance.
Les caresses enlèvent aux serpents leur morsure.
La plus irréparable des pertes est celle du temps.
Un artiste éminent ne conçoit aucun sujet qu'un marbre ne puisse renfermer dans son sein ; mais seule y parvient la main qui obéit à l'intelligence.
Amants, fuyez l'amour, fuyez ce feu, fuyez ; - Son incendie est rude, et l'atteinte est mortelle ; - Si vous ne fuyez pas, hélas ! si vous croyez - Que la force ou l'honneur est une aide fidèle.
Tu sais, mon Seigneur, que je sais que tu sais que je viens auprès de toi pour en mieux jouir, et tu sais que je sais que tu sais qui je suis. A quoi bon, alors, tarder davantage à nous saluer ?
Sur un esquif fragile, au travers d'une mer orageuse, le cours de ma vie est déjà parvenu à ce port commun où l'on va rendre un compte sévère de toute oeuvre, mauvaise et bonne.
Ce n'est pas tant la mort, mais sa crainte, qui sans cesse me tue, me sauve et me défend d'une femme cruelle et basse.

Œuvres de Michel-Ange

A une inconnue, 1515-1516Deux quatrains isolés et sans titres.Lettre au pape Jules IIPoésies (1503-1560)Poésies (1503-1560), Madrigal XLIIPoésies (1503-1560), Madrigal XVPoésies (1503-1560), Madrigal XXIPoésies (1503-1560), Madrigal XXIIPoésies (1503-1560), Madrigal XXIVPoésies (1503-1560), Sonnet I, A Vittoria ColonnaPoésies (1503-1560), Sonnet LXIVPoésies (1503-1560), Sonnet XVIIPoésies (1503-1560), Sonnet à Tommaso CavalieriPoésies (1503-1560), Stances VI, à Vittoria ColonnaRapporté par Francisco da Holla dans \"Dialogues avec Michel-Ange\" (1538)Rome, 1512