Auteur

Maxence Van der Meersch

Les portes de l'armoire à glace béaient sur un fouillis de lingeries et de chiffons.
Une dispute s'engageait au bout du cabaret entre deux hommes qui portaient des sacs blancs. Des coqueleurs, que l'atmosphère du cabaret surexcitait. Ils tirèrent leurs coqs.
On avait l'impression de pénétrer dans les entrailles d'un formidable massif, d'un enchevêtrement de monts cyclopéens.
Le laboratoire était blanc et gris, largement baigné d'une froide lumière électrique.
Ah ! si tu savais comme c'est vite envolé, tout cela ! A vingt ans, on dirait que le monde est à vos pieds. A trente ans, on est bien content de ramasser un varlet ! J'en ai vu, j'en ai vu beaucoup... On ne vit pas dans les rêves.
C'est parce que la jeunesse demande trop qu'elle perd tout.
A moitié heureux, c'est être heureux. On ne l'est jamais davantage.
Le jeune homme s'y sentait plus gai, plus léger, il avait un peu l'impression de n'être plus le Sylvain de tous les jours, mais le Sylvain que, tout petit, il pensait devenir avant que la vie lui eût à grandes bourrades enseigné sa dure loi.

Œuvres de Maxence Van der Meersch

Invasion 14 (1935)L'Elu (1936)L'Empreinte du dieu (1936)La Maison dans la dune (1932)