On ne peut être juste tout seul, à l'être tout seul on cesse de l'être.
Auteur
Maurice Merleau-Ponty
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La philosophie n'est pas une illusion: elle est l'algèbre de l'histoire.
Pour être tout à fait homme, il faut être un peu plus et un peu moins qu'homme.
Tout organisme est une mélodie qui se chante elle-même.
Comme la nervure porte la feuille du dedans, du fond de sa chair, les idées sont la texture de l'expérience ...
... Le langage réalise en brisant le silence ce que le silence voulait et n'obtenait pas.
L'interrogation de la peinture vise en tous cas cette genèse secrète et fiévreuse des choses dans notre corps.
C'est Matisse qui nous a appris à voir les contours, non pas à la manière «psycho-optique», mais comme des nervures, comme les axes d'un système d'activités et de passivités charnelles.
Chaque création change, altère, éclaire, approfondit, confirme, exalte, recrée ou crée d'avance toutes les autres.
Il n'y a dans le visible que des ruines de l'esprit.
L'énigme tient en ceci que mon corps est à la fois voyant et visible.
Le monde est affectivement neutre.
Ce qui n'est que vécu est ambivalent; il y a en moi ... des bonheurs faux où je ne suis pas tout entier.
La grandeur apparente d'un objet varie avec sa distance apparente, ou sa couleur apparente avec les souvenirs que nous en avons.
La pensée se réduit délibérément à l'ensemble des techniques de prise ou de captation qu'elle invente.
Il n'y a pas de psychologie physiologique autonome parce que l'événement physiologique lui-même obéit à des lois biologiques et psychologiques.
Le cogito nous enseigne que l'existence de la conscience se confond avec la conscience d'exister.
La conscience mytique ou onirique, la folie, la perception dans leur différence ne sont pas fermées sur elles-mêmes, ne sont pas des îlots d'expérience sans communication.
La parole chez celui qui parle ne traduit pas une pensée déjà faite, mais l'accomplit.
Il ne faut donc pas se demander si nous percevons vraiment un monde, il faut dire au contraire: le monde est cela que nous percevons.
Le soleil et la pluie ne sont ni gais ni tristes, l'humeur ne dépend que des fonctions organiques élémentaires, le monde est affectivement neutre.
La phénoménologie, c'est d'abord le désaveu de la science.
Le philosophe se reconnaît à ce qu'il a inséparablement le goût de l'évidence et le sens de l'ambiguïté.
Si philosopher est découvrir le sens premier de l'être, on ne philosophe donc pas en quittant la situation humaine: il faut, au contraire, s'y enfoncer. Le savoir absolu du philosophe est la perception.
Philosopher, c'est chercher, c'est impliquer qu'il y a des choses à voir et à dire. Or, aujourd'hui, on ne cherche guère. On «revient» à l'une ou l'autre des traditions, on la «défend».
Œuvres de Maurice Merleau-Ponty
Eloge de la philosophieEloge de la philosophie (1953)L'Oeil et l'Esprit (1988)La Phénoménologie de la perception (1945)La Structure du comportementLa nature. Notes de cours du Collège de France (1995)Le Visible et l'Invisible (1964)Phénoménologie de la perception (1945)Phénoménologie de la perception (1945), Avant-proposPhénoménologie de la perception (1945), III, 2, La temporalité