Auteur

Marguerite Duras

Les erreurs de langage sont des crimes.
Je n'ai jamais écrit, croyant le faire, je n'ai jamais aimé, croyant aimer, je n'ai jamais rien fait qu'attendre devant la porte fermée.
Je porte ces robes comme des sacs avec des ceintures qui les déforment, alors elles deviennent éternelles.
On arrive à ne plus vouloir se sortir de la merde, à se dire qu'à défaut d'autre chose, on peut faire une carrière de merde.
Le ciel est vide. - Ca fait des années que j'aime cet homme. - Un homme que je n'ai pas encore nommé. - Un homme que j'aime. Un homme qui me quittera. - Le reste, devant, derrière moi, avant et après moi, ça m'indiffère. - Je t'aime.
L'été m'angoissait. Parce que sans doute désespérais-je de jamais trouver à vivre quelque chose qui s'accordât à lui.
Il y a des fois, dit-elle, où on ne les fait pas pour s'en aller, mais pour faire peur à l'autre. Les femmes, toutes les femmes ont fait leurs valises pour rien une fois dans leur vie. On les fait pour qu'on vous retienne.
Ah! qui n'a pas eu envie d'un pastis après un bain de mer pris en Méditerranée ne sait pas ce que c'est qu'un bain de mer pris le matin en Méditerranée.
Le tort des gens, c'est en général de ne pas assez se marrer.
Les oiseaux, c'est comme l'amour, ça a toujours existé. Toutes les espèces disparaissent, mais pas les oiseaux. Comme l'amour.
C'est peut-être bien l'amour à la longue qui rend méchant comme ça. Les prisons en or des grandes amours. Il n'y a rien qui enferme plus que l'amour. Et d'être enfermé à la longue, ça rend méchant, même les meilleurs.
L'amour, il faut le vivre complétement avec son ennui et tout, il n'y a pas de vacances possibles à ça.
La littérature, c'est une fatalité comme une autre, on n'en sort pas.
C'est ça l'écriture. C'est le train de l'écrit qui passe par votre corps. Le traverse. C'est de là qu'on part pour parler de ces émotions difficiles à dire, si étrangères et qui néanmoins, tout à coup, s'emparent de vous.
Dès que l'être humain est seul il bascule dans la déraison. Je le crois: je crois que la personne livrée à elle seule est déjà atteinte de folie parce que rien ne l'arrête dans le surgissement d'un délire personnel.
Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit.
Ecrire, c'était ça la seule chose qui peuplait ma vie et qui l'enchantait. Je l'ai fait. L'écriture ne m'a jamais quittée.
J'étais enceinte jusqu'aux dents de tous les mots d'amour et je ne pouvais plus accoucher d'un seul.
Il faut toujours une séparation d'avec les autres gens autour de la personne qui écrit des livres. C'est une solitude. C'est la solitude de l'auteur, celle de l'écrit.
Lui: - Qu'est-ce que tu appelles être d'une moralité douteuse? - Elle: - Douter de la morale des autres.
La musique, la vraie musique, ne peut jamais être l'arrière-fond de quelque chose d'autre. Elle doit nous remplir - nous vider - de tout.
Je ne parviens à me libérer de moi que dans deux cas: par l'idée du suicide et par celle d'écrire.
On attend toujours quelque chose, dis-je, quelque chose. Quand l'attente est trop longue, alors on change, on attend autre chose qui vient plus vite.
Les femmes, toutes les femmes ont fait leurs valises pour rien une fois dans leur vie. On le fait pour qu'on vous retienne.
- Dites-moi, dit-elle, quel est le signe annonciateur de la fin d'un grand amour? - - Que rien, apparemment, ne l'empêche de durer toujours, dis-je, non?

Œuvres de Marguerite Duras

C'est tout (1995)Cité dans Marguerite Duras (1992) de Christiane Blot-Labarrère.Dans Libération.Des journées dans les arbresDix heures et demie du soir en été (1960)EcrireEcrire (1993)Hiroshima mon amour (1960)L'Amant (1984)L'Amant de la Chine du Nord (1991)La Douleur (1985)La Maladie de la mort (1982)La Passion suspendue (2013)La Vie matérielle (1987)Le Marin de Gibraltar (1952)Le Marin de Gilbraltar (1952)Le Navire Night (1979)Le Ravissement de Lol V. Stein (1964)Le ShagaLes Petits Chevaux de Tarquinia (1953)