Croire à la médecine serait la suprême folie si n'y pas croire n'en était pas une plus grande encore.
Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur ; elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries.
Si nous croyons qu'il y a peu de choses drôles, - C'est que nous ne savons pas les y voir.
Nos plus grandes craintes, comme nos plus grandes espérances, ne sont pas au-dessus de nos forces, et nous pouvons finir par dominer les unes et réaliser les autres.
Gilberte était comme ces pays avec qui on n'ose pas faire d'alliance parce qu'ils changent trop souvent de gouvernement.
Ce qui est étonnant, dit-il, c'est que ce public qui ne juge ainsi des hommes et des choses de la guerre que par les journaux est persuadé qu'il juge par lui-même.
Car le bonheur seul est salutaire pour le corps, mais c'est le chagrin qui développe les forces de l'esprit.
Tout comme l'avenir, ce n'est pas tout à la fois, mais grain par grain que l'on goûte le passé.
On arrange aisément les récits du passé que personne ne connait plus, comme ceux des voyages dans les pays où personne n'est jamais allé.
Si la vie apporte des déboires, on s'en console, car la vraie vie est ailleurs, non pas dans la vie même, ni après, mais au dehors, si un terme qui tire son origine de l'espace a un sens en un monde qui en est affranchi.
Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : Je m'endors. Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait.
La lâcheté ne sait pas profiter des leçons que la générosité lui donne.
C'était tout un état d'âme, tout un avenir d'existence qui avait pris devant moi la forme allégorique et fatale d'une jeune fille.
Le seul véritable voyage, le seul bain de jouvence, ce ne serait pas d'aller vers de nouveaux paysages, mais d'avoir d'autres yeux.
Pour la première fois je sentais qu'il était possible que ma mère vécût sans moi, autrement que pour moi, d'une autre vie.
J'ai renoncé à croire que les années soient nouvelles et puissent apporter un bonheur qui est désormais derrière moi. Mais cela ne me fait pas désirer moins vivement que soient heureux ceux que j'aime.
L'amour, dans l'anxiété douloureuse comme dans le désir heureux, est l'exigence d'un tout. Il ne naît, il ne subsiste que si une partie reste à conquérir. On n'aime que ce qu'on ne possède pas tout entier.
L'amour, dans l'anxiété douloureuse comme dans le désir heureux, est l'exigence d'un tout. Il ne naît, il ne subsiste que si une partie reste à conquérir.
En attendant, j'essayais en vain d'agir sur eux, n'étant pas guéri par l'expérience, qui aurait dû m'apprendre — si elle apprenait jamais rien — qu'aimer est un mauvais sort comme ceux qu'il y a dans les contes contre quoi on ne peut rien jusqu'à ce que l'enchantement ait cessé.
L'ambition enivre plus que la gloire ; le désir fleurit, la possession flétrit toutes choses ; il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre ce soit encore la rêver, mais moins mystérieusement et moins clairement à la fois, d'un rêve obscur et lourd, semblable au rêve épars dans la faible conscience des bêtes qui ruminent.
Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre ce soit encore la rêver, mais moins mystérieusement et moins clairement à la fois, d'un rêve obscur et lourd, semblable au rêve épars dans la faible conscience des bêtes qui ruminent.
L'ambition enivre plus que la gloire ; le désir fleurit, la possession flétrit toutes choses
Votre vie, telle que vous la vouliez, serait une de ces oeuvres à qui il faut une haute inspiration.
L'automne épuisé, plus même réchauffé par le soleil rare, perd une à une ses dernières couleurs. L'extrême ardeur de ses feuillages, si enflammés que toute l'après-midi et la matinée elle-même donnaient la glorieuse illusion du couchant, s'est éteinte.
Au jardin des Tuileries, ce matin, le soleil s'est endormi tour à tour sur toutes les marches de pierre comme un adolescent blond dont le passage d'une ombre interrompt aussitôt le somme léger.
Œuvres de Marcel Proust
A la recherche du temps perduA la recherche du temps perdu (1918)A la recherche du temps perdu (1918), A l'ombre des jeunes filles en fleursA la recherche du temps perdu (1918), Du côté de chez SwannA la recherche du temps perdu (1918), la FugitiveA la recherche du temps perdu (1918), la PrisonnièreA la recherche du temps perdu (1918), le Côté de GuermantesA la recherche du temps perdu (1918), le Temps retrouvéA la recherche du temps perdu, A l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919)A la recherche du temps perdu, A l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919), IA la recherche du temps perdu, Albertine disparue (1925)A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann (1913)A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann (1913), I, 2A la recherche du temps perdu, La Prisonnière (1923)A la recherche du temps perdu, Le Côté de Guermantes (1921-1922)A la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé (1927)A la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé (1927), II, 3Albertine disparue (1925)Albertine disparue (1925), IVChroniques