Auteur

Marcel Jouhandeau

Aimer, c'est n'avoir plus droit au soleil de tout le monde. On a le sien.
Faites des heureux en commençant par vous-mêmes!
Il n'y a pas de courage triste.
L'enfer, cette inclémence, est la première institution chrétienne.
L'homme est fait pour un instant de labeur et pour une éternelle paresse.
L'originalité de l'esprit aussi bien que de la sensibilité, c'est d'esquiver l'évidence pour être sensible à ce qui risque de n'être pas remarqué.
La discrétion est la seule vertu qui souffre l'excès sans en souffrir.
La multitude de ceux qui se livrent au plaisir sans respect a plus fait pour le déshonorer que ceux qui le condamnent et s'en abstiennent.
Le bonheur, c'est tout de suite ou jamais.
Nous ne nous ennuyons jamais ensemble... C'est la meilleure façon de s'aimer.
Rien n'est plus néfaste à l'amour que la moindre intimité.
Si je perdais ma bibliothèque, j'aurais toujours le métro et l'autobus. Un billet le matin, un billet le soir et je lirais les visages.
Aimer et haïr, ce n'est qu'éprouver avec passion l'être d'un être.
L'instant n'a de place qu'étroite entre l'espoir et le regret et c'est la place de la vie.
Je n'ai pas aimé d'être admiré mais d'en être digne.
Qui sait si Dieu ne sera pas sensible toujours plus à son Enfer qu'à son Ciel? Celui qui aime songe au rien qu'on lui refuse, quand on lui a déjà presque tout donné.
R. me demande ce que j'ai contre lui. Je ne peux lui pardonner les confidences que je lui ai faites.
Le sacrilège, la seule manière que les impies ont encore d'être dévots.
Savoir aimer, c'est ne pas aimer. Aimer, c'est ne pas savoir.
Les vertus sont sujettes à des vices particuliers qui les rendent inutiles.
Ce n'est ni l'amitié ni la bonté qui nous manquent, mais nous qui manquons à l'amitié et à la bonté.
C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devra faire qu'on se décourage, alors qu'il s'agit de les aligner un à un.
Le coeur a ses prisons que l'intelligence n'ouvre pas.
La modestie n'est qu'une sorte de pudeur de l'orgueil.
L'avarice est un calcul dont on retrouve la racine à l'origine de maintes vertus.

Œuvres de Marcel Jouhandeau

Algèbre des valeurs morales (1935)Chaminadour (1934-1941), Contes brefs, Le maréchal-ferrantChroniques maritalesChroniques maritales (1938)De l'abjection (1939)De la grandeurDu Pur Amour (1970)Ecrits secrets (1988), II - Carnets de Don JuanEloge de l'imprudenceEloge de l'imprudence (1931)Eléments pour une éthique (1955)Essai sur moi-mêmeJeux de miroirs (1965-1966)Journal sous l'occupation (1980)Journal sous l'occupation (1980), La courbe des angoissesJournaliersJournaliers XXI, 1966-1967, Orfèvre et sorcierL'ImposteurLa Jeunesse de ThéophileLa Jeunesse de Théophile (1921)