Auteur

Marcel Jouhandeau

Le bien est dans le bon usage que l'on fait de n'importe quoi.
La moralité n'est bien souvent qu'une affaire d'éclairage et tu es le gardien de ton propre phare.
Tout bon livre est un attentat.
Pour supporter sa propre histoire, chacun y ajoute un peu de légende.
On a toujours plus de religion qu'on ne croit.
Comme rien n'est plus précieux que le temps, il n'y a pas de plus grande générosité qu'à le perdre sans compter.
Mieux vaut laisser aux gens le remords de vous avoir grugé que le regret de vous avoir comblé.
On ne perd pas sa réputation aussi vite que sa vertu.
Du moment que le bonheur, c'est de vivre, on doit le trouver aussi bien dans la douleur que dans le plaisir et parfois jusque dans l'ennui.
... par la constance de la générosité, on supprime la morale.
Nos vices ne sont que des théâtres cruels érigés en nous pour distraire l'ennui absolu de la volonté.
Il n'est pas de mal plus haïssable que le mal qui ne porte pas sa peine, que le moindre péché, que le péché véniel, que le péché «prudent», que le plus petit péché, que le péché qui pèche contre l'Imprudence.
L'art est justifié dans la mesure où il ajoute à la vie juste ce qui lui manque pour être plus vraie qu'elle-même.
Les hommes naissent libres et égaux en droit. Seulement par la suite, il y en a qui se marient.
Dans les petites villes, les gens sont toujours prêts à partager vos ennuis. Si vous n'en avez pas, ils se font une joie de vous en créer.
La vie à la fin n'est qu'une habitude qu'il faut perdre après toutes les autres.
- Que faisiez vous avant de vous marier? - - Avant, je faisais ce que je voulais.
La sensualité s'éteint à quatre-vingts ans.
Avoir quelqu'un à aimer, c'est le paradis!
A la fin, l'hostilité compte moins que ce qu'on a partagé malgré soi.
C'est parce qu'il ne s'est rien passé entre nous qu'il m'obsède. Rien n'est plus néfaste à l'amour que la moindre intimité.
Chaque âme est à elle seule une société secrète.
Au milieu d'un monde qui s'écroule, on veut mourir debout.
Ma vie est un non-sens, une absurdité.
Je m'en irai moi-même de vous, de tout, dans quelques jours.

Œuvres de Marcel Jouhandeau

Algèbre des valeurs morales (1935)Chaminadour (1934-1941), Contes brefs, Le maréchal-ferrantChroniques maritalesChroniques maritales (1938)De l'abjection (1939)De la grandeurDu Pur Amour (1970)Ecrits secrets (1988), II - Carnets de Don JuanEloge de l'imprudenceEloge de l'imprudence (1931)Eléments pour une éthique (1955)Essai sur moi-mêmeJeux de miroirs (1965-1966)Journal sous l'occupation (1980)Journal sous l'occupation (1980), La courbe des angoissesJournaliersJournaliers XXI, 1966-1967, Orfèvre et sorcierL'ImposteurLa Jeunesse de ThéophileLa Jeunesse de Théophile (1921)