Auteur

Marc Lavoine

L'amour est une tentative aussi fringante qu'autrefois. Je comprenais que, malgré les chagrins, les erreurs, les échecs et la défaite, j'avais, grâce à mes parents, le goût du bonheur, du combat et des victoires.
La beauté n'est rien à mes yeux sans la force et le combat d'une gentillesse, sans la flamme des sentiments, l'exigence du travail : l'honnêteté. Ce succès, je le remets en jeu chaque fois, pour être enfin accepté pour ce que je suis.
Des coups, nous en avions pris chaque fois qu'ils s'en étaient donné eux, nos parents chéris ; on en sentait les douleurs. Leurs bleus auraient du mal à disparaître, nos souvenirs seraient bleus pendant combien de temps encore ?
Je grandissais et je devais faire semblant avec ceux que j'aimais le plus au monde, mon père que je devais protéger de mon regard pour qu'il ne se sente pas trop coupable, pour ne pas lui renvoyer le reflet de ma déception ou de ma détresse, et ma mère que je devais convaincre de ne pas s'enfermer dans sa solitude, dans ce châle de tristesse qui parfois la recouvrait comme le linceul des amours perdues.
C'est vrai que, floutée, la vie a une autre gueule.
Nous avons donc vécu là, dans cette couronne de banlieue, la grande, près des champs de pommes de terre et des avions qui décollent. Encore la campagne et déjà la ville et ses grues synonymes de grands ensembles qui avaient pris la mesure des choses, cette ville grandissante et moderne aux portes de ce petit village agricole vacillant qui va mourir avec le progrès. Oh ma banlieue, mon pays, mes racines, tu avais encore un visage d'enfant venu d'un temps dont la langue ne se parle presque plus, ici, près des pistes d'Orly.
Quand on brise le coeur de quelqu'un, on en brise toujours plusieurs à la fois, c'est ça la vie, un magasin de porcelaine.
Je comprenais que, malgré les chagrins, les erreurs, les échecs et la défaite, j'avais, grâce à mes parents, le goût du bonheur, du combat et des victoires.
Je t'entends te taire et les mots que tu penses, je les entends aussi.
Les filles, c'était du sirop, une médecine d'urgence pour apaiser les maux de l'âme et du coeur.
Le lotus est une fleur qui se reproduit à la vitesse d'un cheval au galop, mais en douce. D'abord une fleur, puis deux, puis quatre, puis huit, puis seize, trente-deux, soixante-quatre, etc. jusqu'à recouvrir toute la surface de l'eau comme un tapis flottant. Ces fleurs se replient le soir venu pour enfermer en elles tous vos souvenirs de la journée, elles vous invitent et vous envoûtent pour vous noyer à jamais dans l'antichambre des dieux, afin de les nourrir de vos coeurs attendris.
Je me suis endormi dans ses bras, le seul endroit où j'étais à l'abri.
Mon frère m'avait donné le goût de l'autre et de se contenter de peu, de ne jamais vivre pour l'argent.
Certaines choses restent suspendues, comme des morceaux de temps dans une cachette.
Pour la première fois, j'associais alcool et ravage, maladie, naufrage, méchantes paroles, violence, dépendance et mort. Je fus alors effleuré par une tristesse qui ne me quittera plus.
Chez mon psy, où j'allais m'allonger quelques jours par semaine, je commençais toujours par : « Je suis ravi de vous voir, mais je n'ai rien à vous dire. En revanche, j'aime beaucoup vos chaussettes. » Et puis, je lui déballais mon linge sale.
Pour les ados de ma génération, l'image des icônes progressistes était comme celle des pop stars. Guevara, Bob Dylan, Angela Davis, Lennon, même combat : ils finissent sur des tee-shirts.
C'est la vie, la vie c'est du vent - \r\nQui nous souffle les rêves d'enfant.
Tous les matins, c'est le même numéro - \r\nTrouver l'amour, chercher les mots.
Je suis piégé comme un naufragé - \r\nFaut marcher, ne jamais s'arrêter - \r\nJe suis coincé, comme un révolté - \r\nÀ marcher, jamais se retourner.
Elle a les yeux revolver, - \r\nElle a le regard qui tue. - \r\nElle a tiré la première, - \r\nM'a touché, c'est foutu.
Parle-moi de tes silences - \r\nAvec ta bouche et tes bras - \r\nEntre dans la danse et danse avec moi - \r\nParle-moi de ces distances - \r\nQui ne nous séparent pas - \r\nDis-moi que l'amour ne s'arrête pas.

Œuvres de Marc Lavoine

C'est la vie (Paroliers : Fabrice Aboulker / Marc Lavoine), 1989Dis-moi que l'amour, Marc Lavoine et Jean-François Berger, Marc Lavoine et Bambou, album Olympia deux mille trois (2003 chez Mercury France, Universal).Elle a les yeux revolver, Fabrice Aboulker et Marc Lavoine, Marc Lavoine, album Marc Lavoine (1985 chez Bandit, Phonogram)L'homme qui ment (2015)