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Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline

Le «chalet polyvalent», la demeure souple, extensible, adaptable à toutes les familles! sous tout les climats.
Tenez, moi, regardez comme je m'adapte, Ferdinand!... (Il s'en tapait sur le sternum.) Que demain la terre se mette par exemple à tourner dans l'autre sens. Eh bien moi? Je m'adapterai, Ferdinand! Et tout de suite encore!
Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force.
Quand on a pu s'échapper vivant d'un abattoir international en folie, c'est tout de même une référence sous le rapport du tact et de la discrétion. Mais revenons à ce voyage.
Les femmes à Pierrot qu'on se trompe pas, avec tous leurs vices et machins, si elles affurent trois Livres par jour! c'est le bout du monde!
De ses fenêtres au premier étage on apercevait les gréements, tout «l'Indian-Dock», les premières voiles, les agrès ...
Avec huit morveux seulement c'était pas la peine qu'on s'aligne... on se faisait sûrement écraser ...
Je ne veux rien dire contre lui, puisque c'est un ami à toi.
Il lui est sorti au début du mois de septembre toute une quantité de furoncles, d'abord sous les bras et puis ensuite derrière le cou alors un véritable énorme, qu'est devenu tout de suite un anthrax.
L'oncle Edouard, tout seul, s'était appuyé toutes les courses. Il avait fait toutes les démarches...
On le trouvait pas trop arnaqueur pour un dégueulasse dans son genre, profiteur de mouise, vampire, tout.
Ca n'empêche pas les horreurs!... les atrocités assassines!...
Eh bien alors Ferdinand!... Toujours d'attaque? Toujours sur la brèche? Ca va, ça va bien...
Les indigènes dans ces parages souffraient jusqu'au marasme de toutes les maladies attrapables ...
Ca n'arrêtait plus du tout les meurtrissures d'amour-propre... Autant comme autant!
J'allais atteindre mes sept ans, bientôt j'irais à l'école, il fallait pas qu'on m'égare... C'était plus le moment de badiner.
On nous persécute! On nous piétine! On nous bafoue! On me déshonore! Et que trouves-tu à répondre? Que j'exagère! C'est le comble!
Il bafouillait un petit peu, il s'est gouré dans tous les noms... Ca n'avait aucune importance...
Mets-toi à leur place à ces deux femmes, mets-y-toi un peu...! Tu le méritais cent fois, qu'elles t'envoyent au ballon.
Basta! on sonne!... une fois, deux fois, pas le téléphone... à la grille! en bas du jardin, trois fois... bien sûr que je peux faire le sourd, je suis pas domestique.
Je voyais bien les princes, les hautes lances, les chevaliers... la pourpre, les verts, les grenats, toutes les armures en rubis... Tout le bastringue!...
On tousse un peu quand on entre à cause de l'épaisse fumée... aussi because c'est la manière... c'est opaque jusqu'au fond de la salle...
En attandant, quant aux malades, il n'en venait pas «bezef». Faut le temps de démarrer, qu'on me disait pour me rassurer.
Il me reprend par le bras... Il biche je vois qu'il est heureux qu'il m'emmène...
Il hoche la bouille... il me gafe... il se demande si c'est tout du bide?... juste un faux-fuyant!...

Œuvres de Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline

Bagatelles pour un massacre (1937)Cahiers Céline, Tome ICasse-pipe (1949)Céline en verveD'un château l'autreD'un château l'autre (1947)Dans l'hebdomadaire l'Express, n° 312.Entretien avec le professeur YFéerie pour une autre foisFéerie pour une autre fois (1952-1954)Guignol's band (1944)Interview avec Louis Pauwels et André Brissaud (Radio-Télévision française), printemps 1959.L'EgliseL'Eglise (1933)La Vie et l'oeuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1924)Le Pont de Londres (1964)Les Beaux DrapsLes Beaux Draps (1941)Lettre à Arthur MillerLettre, à Claude Lafaye, 20 octobre 1947?