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Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline

Il se renfrognait sombre et sournois, il me biglait de travers, buté, méchant, marmotteur... Il voulait plus du tout renier!...
Charger... décharger!... Voilà tout! Un point et c'est marre!... Camelote de commerce ou de guerre... Jamais un autre blot! C'était comme ça leur destin.
Ca répercutait plein le bastringue que ça faisait trembler les parois tellement qu'ils hurlaient fort en choeur!... Le lustre à bobèches il voguait, valsait sur les têtes!...
Avec bien du mal, j'ai fini par recueillir l'adresse incertaine d'une «Maison», d'un bobinard clandestin, dans le quartier nord de la ville.
Il m'a pas très à la bonne... Il doit être un peu jaloux...
Après sept heures, en principe, les petits boulots sont rentrés. Leurs femmes sont dans la vaisselle, le mâle s'entortille dans les ondes radio.
En Afrique, c'est la chaleur qui me crevait... Ici, je suis pas assez intelligent... Mais tout ça je m'en rends compte, c'est du «bourre-mou»! Ah! si j'avais du pognon!...
Je pourrais me sucrer davantage! Mes femmes me suffisent. Je pourrais faire de la munition! On me l'a proposé!... Y en a de plus cons que moi qui se bourrent!...
Il rentre, mon père, juste à ce moment... Il était pas du tout refroidi... Il se met à bourrer dans la table, et tant que ça peut dans les cloisons!... A deux poings fermés!
C'était pas un homme méchant, mais aigri à cause du climat, il faisait du pognon voilà tout... il voulait retourner au soleil... Chez lui en Calabre et bourré!
Notre bouzine cane, grelotte, engagée traviole au montoir entre trois camions déporte, hoquète, elle est morte!
C'est moi qui tenais les paris, le ginger, les chocolats, les images, les bouts de cigarettes... même des bouts de sucre... trois alumettes.
Dès que le patron a mis les bouts, le petit Robert, il se tenait plus.
La boutique sombrait sans recours... Des bibelots on en vendait plus, même pas à des prix dérisoires...
Dis à la Joconde qu'elle monte!... les hommes faut qu'elle vous fasse les brêmes!
Le vieux il devait se débarrasser, fourguer tout ça à Petticoat, le pavé de la brocaille, leurs Puces, se faire de la place!
Après la pluie qu'il en a! Le temps affreux qu'il fait dehors... qu'il brouillarde et pleut en même temps! On n'y voit pas à trois yards!
La brusquerie fait tout rater! C'est la précipitation qui culbute tous les pronostics!... Les plus fructueuses entreprises sont celles qui mûrissent très lentement!...
Siècle de vitesse! qu'ils disent. Où ça? Grands changements! qu'ils racontent. Comment ça? Rien n'est changé en vérité.
Ca les amuse de me voir comme ça... pris au piège, hagard, cafouilleux... Une distraction. C'est bien le genre de ces gens-là...
Puisque je raconte, que je vous dépeins... que je vous promène, dans sa cagna... son plafond était à se souvenir...
Elle retourne le sablier de la Cour au moment où je vais calencher... - Il mourra jamais!
Le cuistot sort de sa cambuse. Il lance à bouffer aux oiseaux râleurs une énorme écuelle.
Elle quittait jamais son chapeau, ni sa voilette, ni ses gants, elle faisait telle quelle son ménage... harnachée de pied en cap! avec ses plumes, son lorgnon...
Avec le môme j'ai fait gafe! J'ai été extrêmement prudent, j'ai pas raconté d'histoires, je voulais me tenir à carreau...

Œuvres de Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline

Bagatelles pour un massacre (1937)Cahiers Céline, Tome ICasse-pipe (1949)Céline en verveD'un château l'autreD'un château l'autre (1947)Dans l'hebdomadaire l'Express, n° 312.Entretien avec le professeur YFéerie pour une autre foisFéerie pour une autre fois (1952-1954)Guignol's band (1944)Interview avec Louis Pauwels et André Brissaud (Radio-Télévision française), printemps 1959.L'EgliseL'Eglise (1933)La Vie et l'oeuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1924)Le Pont de Londres (1964)Les Beaux DrapsLes Beaux Draps (1941)Lettre à Arthur MillerLettre, à Claude Lafaye, 20 octobre 1947?