Auteur

Léopold Sédar Senghor

L'angoisse des départs sans main chaude dans la main.
Je ne sais en quel temps c'était, je confonds toujours l'enfance et l'Eden - Comme je mêle la Mort et la Vie - un pont de douceur les relie.
Oui Seigneur, pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques.
J'ai rêvé d'un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus.
Voici que meurt l'Afrique des empires, c'est l'agonie d'une princesse pitoyable. Et aussi l'Europe à laquelle nous sommes liés par le nombril.
Femme nue, femme noire... Vêtue de ta couleur qui est vie, et de ta forme qui est beauté...
Danser, c'est découvrir et recréer, surtout lorsque la danse est danse d'amour. C'est, en tout cas, le meilleur mode de connaissance.
Divers de traits de costume de coutumes de langue; mais au fond des yeux la même mélopée de souffrances à l'ombre des longs cils fiévreux.
Le français, ce sont les grandes orgues, qui se prêtent à tous les timbres, à tous les effets, des douceurs les plus suaves aux fulgurances de l'orage.
Mais chanteront-ils les Amants, dans la lumière hyaline du futur?
Je t'ai filé une chanson douce comme un murmure de colombe à midi - Et m'accompagnait grêle mon khalam tétracorde.
Cet humanisme intégral qui se tisse autour de la Terre, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races qui se réveillent à la chaleur complémentaire.
Que nous répondions présents à la renaissance du monde, tel le levain nécessaire à la farine blanche.
Tu es son épouse, tu as reçu le sang sévère et le tribut de sang peul. - O sangs mêlés dans mes veines, seulement le battement nu des mains! - Que j'entende le choeur des voix vermeilles des sang-mêlé! - Que j'entende le chant de l'Afrique future!
Il y a ta bonté marine comme un fjord de douceur, et le sapin qui reste vert sous la mort blanche
En Afrique noire, il est explication et connaissance du monde, c'est-à-dire participation sensible à la réalité qui sous-tend l'univers, à la surréalité, plus exactement aux forces vitales qui animent l'univers.
Vous êtes le limon et le plasma du printemps viride du monde.
Mais lumière sur nos visages plus beaux que masques d'or ! Princesse nous serons maîtres de la Mort.
La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l'espoir du Monde ?
Ma force s'érige dans l'abandon, mon honneur dans la soumission.
Les racistes sont des gens qui se trompent de colère.

Œuvres de Léopold Sédar Senghor

Attribution à Senghor dès 1982Chants d'ombre (1945)Chants d'ombre, C'est le temps de partir (1945)Congrès de l'Union nationale de la jeunesse du Mali, Dakar, 1960.Ethiopiques (1956)Ethiopiques (1956), Epîtres à la PrincesseEthiopiques (1956), PostfaceHosties noires (1948)Hosties noires, Prière de paix (1948)Liberté: Prière aux masques (1964-1977)Nocturnes (1961)Négritude et humanisme (1964)PoèmesRevue Esprit, novembre 1962, Le français, langue de culture.