Auteur

Khalil Gibran

Le verbeux m'a appris le silence, le fanatique la tolérance et le cruel la bonté. Etrange, je ne leur éprouve guère de la reconnaissance.
Nul homme ne peut tracer la frontière entre nécessaire et superflu.
Arrivé à la fin de ce que tu dois savoir, tu es au seuil de ce que tu devras ressentir.
Dans le coeur de tout homme et de toute femme, il est un peu de sable et d'écume. Mais certains d'entre nous livrent ce qui demeure caché dans le plumage de leur coeurs, d'autres en éprouvent de la honte. Quand à moi, je n'en rougis point.
Je marche éternellement sur ces rivages, entre le sable et l'écume. Le flux de la marée effacera l'empreinte de mes pas, et le vent emportera l'écume. Mais la mer et le rivage demeureront éternellement.
«Toi et le monde dans lequel tu vis n'êtes qu'un grain de sable sur le rivage infini d'une mer infinie.» Et dans mon rêve je leur réponds: «Je suis la mer infinie, et tous les mondes ne sont que des grains de sable sur mon rivage.»
Une perle est un temple bâti par la douleur autour d'un grain de sable. Quelle nostalgie bâtit nos corps et autour de quels grains?
Le souvenir est une forme de rencontre.
L'oubli est une forme de liberté.
On ne peut atteindre l'aube, sinon par le sentier de la nuit.
Si je devais choisir entre le pouvoir d'écrire un poème et l'extase d'un poème non écrit, je choisirai l'extase. C'est une poésie meilleure.
La poésie n'est pas une opinion qu'on exprime. C'est une chanson qui s'élève d'une blessure saignante ou d'une bouche souriante.
Un poète est un roi détrôné assis parmi les cendres de son palais avec lesquelles il tente de façonner une image.
Si vous chantez la beauté bien que seul au coeur du désert, vous aurez un public.
La pensée est toujours la pierre d'achoppement de la poésie.
On dit que le rossignol se perce la poitrine avec une épine quand il chante son chant d'Amour. Il en est ainsi de nous. Comment chanterions-nous autrement?
Le génie n'est que le chant d'un rossignol au début d'un long printemps.
Le chant qui est silencieux dans le coeur de la mère chante sur les lèvres de son enfant.
L'Amour et le doute ne se parlent jamais.
La solitude est un orage silencieux qui brise toutes les branches mortes, mais qui plante cependant nos racines vivantes plus profondément dans le coeur vivant de la terre vivante.
Peut-être qu'un enterrement chez les hommes est un repas de noce chez les anges.
Une racine est une fleur qui méprise la renommée.
Le véritable grand homme est celui qui ne domine personne, et qui n'est dominé par personne.
Je suis la flamme et je suis le buisson sec, et une partie de moi consume l'autre.
Le véritable prince est celui qui trouve son trône dans le coeur du derviche.

Œuvres de Khalil Gibran

L'Art de la Sagesse (2008)L'oeil du prophète (1991)La voix de l'éternelle sagesse (1963)Le Jardin du prophèteLe Passant d'Orphalèse (2001)Le ProphèteLe Prophète (1923)Le Prophète (1923) (au sujet de la joie et la tristesse)Le Prophète, De la religionLe sable et l'écume (1926)Les Esprits Rebelles (1908)