Un arbre qui grandit dans une caverne ne porte pas de fruits.
Aimez-vous vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une alliance qui vous enchaîne l'un à l'autre.
Lorsque la main d'un homme effleure la main d'une femme, tous deux touchent à l'éternité.
Si tu confies au vent tes secrets, ne te plains pas s'il les révèle aux arbres.
Tout ce qui vit est conçu dans la brume et non dans le cristal. - Et qui sait si le cristal n'est pas une brume en déclin?
Puissiez-vous accueillir le soleil et le vent avec plus de votre peau, et moins de vos vêtements. Car la main de la vie est dans le soleil, et son souffle est dans le vent.
Nos vêtements dissimulent beaucoup de notre beauté, et ne cachent point ce qui n'est pas beau.
Bien que vous recherchiez en vos habits le sceau de votre liberté, vous n'y trouverez bien souvent que des chaînes.
Que ne suis-je un arbre sans fleurs ni fruits, - Car la peine causée par l'abondance est plus amère que la stérilité, - Et la douleur du riche dont on ne veut rien accepter - Est plus cruelle que celle du mendiant qui ne reçoit rien de personne.
Emplissez chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe.
Et dans la douceur de l'amitié, faites qu'il y ait place pour le rire et le partage des plaisirs.
Combien généreuse est la vie pour l'homme, mais combien l'homme se tient éloigné de la vie !
Une seule âme contient les espoirs et les sentiments de l'Humanité tout entière.
Lorsque l'amour nous frôle, tout de mansuétude vêtu, nous le fuyons apeurés, ou nous nous cachons en des endroits obscurs, ou encore nous le poursuivons et, en son nom, commettons le mal.
L'enfer est dans un coeur vide.
Ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour, car l'amour, s'il vous trouve digne, dirige votre course.
Un beau jour, je parlai de la mer au ruisseau, et le ruisseau me considéra comme un fabulateur. Un autre jour, je parlai du ruisseau à la mer, et la mer me considéra comme un diffamateur.
La signification de l'homme ne réside pas en ce qu'il atteint, mais plutôt en ce qu'il brûle d'atteindre.
La réalité d'autrui ne peut résider en ce qu'il te révèle. Ainsi, si tu parviens à le comprendre, n'écoute pas ce qu'il dit, mais écoute plutôt ce qu'il ne dit.
Tu bois du vin afin de t'enivrer. Je bois pour faire passer l'ivresse de cet autre vin. Ma coupe est vide, je me résigne. Elle est à demi pleine, je refuse de la voir à demi vide.
La voix de la vie en moi ne peut atteindre l'oreille de la vie en toi. Parlons afin de peupler notre solitude.
Si l'hiver disait, le printemps est dans mon coeur, qui croirait l'hiver!
Ouvre l'oeil et regarde, tu verras ton visage dans tous les visages. Tends l'oreille et écoute, tu entendras ta propre voix dans toutes les voix.
L'esprit le plus ailé ne peut échapper aux envies de la vie.
Lorsque tu atteins le coeur de la vie, tu n'es ni moins vil qu'un criminel, ni moins noble qu'un prophète.
Œuvres de Khalil Gibran
L'Art de la Sagesse (2008)L'oeil du prophète (1991)La voix de l'éternelle sagesse (1963)Le Jardin du prophèteLe Passant d'Orphalèse (2001)Le ProphèteLe Prophète (1923)Le Prophète (1923) (au sujet de la joie et la tristesse)Le Prophète, De la religionLe sable et l'écume (1926)Les Esprits Rebelles (1908)