L'envie, le sentiment le plus fortifiant et le plus pur.
Il n'y a que le temps qui ne perde pas son temps.
Un homme simple, un homme ayant le courage d'avoir une signature lisible.
Les gens sont étonnants : ils veulent qu'on s'intéresse à eux.
Je ne m'occupe pas de politique, c'est comme si vous disiez je ne m'occupe pas de la vie.
Heureux les cochons qui occupent toute leur tête à manger, et ne parlent qu'avec la queue !
L'arbre. Son ombre lui fait une queue de paon qui ouvre et ferme ses yeux de soleil, selon que le vent agite leurs paupières, les feuilles.
Rien ne sert de mourir, il faut mourir à point.
On peut voir votre âge à vos dents, et vos dents ont l'âge d'or.
Le glas, un son pour chaque oreille de morts.
Le fatigant supplice de dire non pendant une heure à un monsieur qui voudrait vous faire dire oui.
Comme il serait intéressant, ce fait divers où l'on voit trois personnes assassinées, si vous étiez du nombre, mon cher ami !
La gaieté se contente des premiers mots venus, mais à la tendresse il faut du style. Il y a des paroles sérieuses qui sonnent faux, de gaies aussi, mais on s'en aperçoit moins.
Vieille, tes yeux sont comme un reflet d'étoile dans une ornière.
Si, à votre gré, je n'ai pas encore assez de talent, supposez que je sois mort, et tout à coup votre estime et mon talent seront au pair.
Toute notre critique, c'est de reprocher à autrui de n'avoir que les qualités que nous croyons avoir.
Appelons poésie une création par l'image et le rêve.
Ecrire pour les enfants des histoires de chasse racontées par le lièvre.
C'est en pleine ville qu'on écrit les plus belles pages sur la campagne.
C'est surtout au théâtre que chacun est responsable de ses actes.
Il faut céder parce qu'on est le plus jeune. C'est comme quand on est l'aîné...
On ne fait jamais ce qu'on veut. - Heureusement !
Ces littérateurs sont comme les tonneaux des Danaïdes : ils laissent passer toute l'humanité.
Singulier monde, que celui du rêve ! Les pensées, les paroles intérieures, en dedans, se pressent, fourmillent. Tout ce petit monde se hâte de vivre avant le réveil, qui est sa fin, sa mort à lui.
Etre heureux n'est pas le but, mais il faut au moins l'avoir été.
Œuvres de Jules Renard
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