Auteur

Jules Amedee Barbey d Aurevilly

Si le tact était à vendre, il n'y a que ceux qui en ont qui en achèteraient.
Les philosophes ne sont vraiment forts que les uns contre les autres. Sans leurs erreurs mutuelles, que seraient-ils?
Dans toute poésie il y a une lutte secrète entre l'infini du sentiment et le fini de la langue dans laquelle cet infini se renferme sans se limiter.
Il y a toujours des chevaliers dans ce monde. Ils ne redressent pas les torts avec la lance mais les ridicules avec la raillerie.
Dans les choses où le coeur n'est plus, la main n'est jamais puissante.
Si tout homme ment, toute femme ment aussi mais beaucoup mieux.
L'égalité, cette chimère des vilains, n'existe vraiment qu'entre nobles.
On voit dans le coeur des femmes par les trous qu'on fait à leur amour-propre.
En conversation, il gravait le mot. Il avait le style lapidaire, et même lapidant, car il était né caustique, et les pierres qu'il jetait dans le jardin des autres atteignaient toujours quelqu'un.
A Paris, lorsque Dieu y plante une jolie femme, le Diable, en réplique, y plante immédiatement un sot pour l'entretenir.
Ce fruit tardif, le seul qui mûrisse sans devenir doux.
M. de Karkoël n'ota pas ses gants, qui rappelaient par leur perfection ces célèbres gants de Bryan Brummell, coupés par trois ouvriers spéciaux, deux pour la main et un pour le pouce.
Le jeu, c'était la grande affaire de ces anciens nobles, taillés dans le patron des grands seigneurs, et désoeuvrés comme de vieilles femmes aveugles. Ils jouaient comme des Normands, des aïeux d'Anglais, la race la plus joueuse du monde.
Il avait vécu cette niaise première jeunesse qui fait de l'homme le Jocrisse de ses sensations, et pour qui la première venue qui passe est un magnétisme.
Le mépris, le plus grand sentiment et le seul que valent réellement les hommes!
En donnant le nom à un enfant, il faut penser à la femme qui aura un jour à le prononcer.
Depuis Pascal peut-être, il n'y eut jamais de génie plus épouvanté, plus livré à l'effroi et à ses mortelles agonies que le génie panique d'Edgar Poe.
Le mot naïf et étonné de la Borghèse, quand on lui demanda comment elle avait bien pu poser nue devant Canova: «mais l'atelier était chaud! il y avait un poêle!»
Il avait pour lui le respect d'un homme qui a pesé la vie dans tous les trébuchets du mépris et qui trouvait que rien n'est plus beau, après tout, que la force humaine écrasée par la stupidité du destin.
La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments, c'est de les faire soupçonner.
Ce tutoiement si divin sur les lèvres d'une femme qui vous aime, et qui devient la plus sanglante des innsolences dans la bouche d'une créature.
Cet Hercule souillé qui remue le fumier d'Augias et qui y ajoute.
Les natures au coeur sur la main ne se font pas l'idée des jouissances solitaires de l'hypocrisie, de ceux qui vivent et peuvent respirer la tête lacée dans un masque.
Ses cheveux, appesantis par la chaleur, croulaient lourdement sur sa nuque dorée, et elle était belle ainsi, déchevelée, négligée, languissante à tenter Satan et à venger Eve!
Il était raisonneur, sophiste, déclamatoire, surtout impertinent.

Œuvres de Jules Amedee Barbey d Aurevilly

A Paul Bourget.A propos de l'Assommoir.De l'HistoireDisjecta membraDu Dandysme et de Georges Brummel (1845)L'Amour impossible (1841)L'EnsorceléeLe Bonheur dans le crime (1874)Le Dessous de cartes d'une partie de whistLe Roman contemporainLes Diaboliques (1874)Les Diaboliques (1874), A un dîner d'athéesLes Diaboliques (1874), La vengeance d'une femmeLes Diaboliques (1874), Le bonheur dans le crimeLes Diaboliques (1874), Le dessous de cartes d'une partie de whist, ILes Diaboliques (1874), Le dessous de cartes d'une partie de whist, IILes Diaboliques (1874), Le dessous de cartes d'une partie de whist, IIILes Diaboliques (1874), Le plus bel amour de Don Juan, IVLes Diaboliques (1874), Le rideau cramoisiLes oeuvres et les hommes (1860-1909)