L'auteur de Fictions, que je continue à considérer comme l'inventeur de la littérature virtuelle, cette littérature à lui qui semble s'être dégagée de la réalité pour mieux en révéler les invisibles mystères.
Les révérences se répètent, point par point, jusqu'à ce qu'enfin le cardinal descende à la chapelle où un Te Deum laudamus sera chanté, loué soit Dieu qui doit endurer toutes ces inventions.
Quant à savoir si l'affaire est bonne ou mauvaise, c'est selon, car l'argent n'a pas toujours la même valeur, contrairement aux hommes qui valent toujours la même chose, tout et rien.
Le monde de chacun dépend des yeux que l'on a reçus en partage.
L'on dit souvent : Donnons du temps au temps, mais on oublie toujours de demander : Y a-t-il du temps à donner.
Que dire de ce négociant de l'Algarve qui soutenait que chacun fait son salut dans la foi qui est la sienne, car toutes sont égales, et autant vaut le Christ que Mahomet, l'Evangile que la Cabale, le doux que l'amer, le péché que la vertu ?
Les gens équilibrés sont ainsi, ils ont l'habitude de tout simplifier et après, mais toujours trop tard, on les voit s'étonner de l'inépuisable diversité de la vie.
Ah la dureté de coeur des enfants qui, étant vivants, font naître la mort par leurs silences.
Permettez-nous donc de redire que Dieu, depuis toujours un problème, est, maintenant, le problème.
Je pense qu'en matière de subtilités et de nuances, la Littérature est presque comme la Mathématique.
Il s'en alla, Balthazar sortit l'accompagner avec une chandelle qui éclairait peu, juste assez, eût-on dit, pour dire à la nuit, Lumière je suis.
Œuvres de José Saramago