La femme est l'avenir de l'homme.
Auteur
Jean Tenenbaum, dit Jean Ferrat
Mais dans ce monde de misère - Le bonheur est vite enterré.
Pouvoir encore regarder - Pouvoir encore écouter - Et surtout pouvoir chanter - Que c'est beau, c'est beau la vie.
Les escaliers montent ou descendent - Selon le sens où on les prend.
Chanter - Ce n'est pas ce qu'on vous proclame - Chanter - Il faut s'y jeter à tue-tête - A bras le coeur à fendre l'âme - Avec un seul point au programme - Celui de n'être sûr de rien - Celui de n'être sûr de rien.
Le poète a toujours raison - \r\nQui détruit l'ancienne oraison - \r\nL'image d'Ève et de la pomme. - \r\nFace aux vieilles malédictions, - \r\nJe déclare avec Aragon : - \r\nLa femme est l'avenir de l'homme !
Pourtant que la montagne est belle - Comment peut-on s'imaginer - En voyant un vol d'hirondelles - Que l'automne vient d'arriver?
Alors moi je ris doucement - Comme on rit aux enterrements - En me disant qu'au fond mourir - C'est ne plus s'arrêter de rire.
Je meurs d'une petite fièvre - Avec un prénom sur mes lèvres - Et quelques souvenirs heureux - Quelque part au fond de mes yeux.
Je m'en vais comme je suis venu - Un peu plus calme un peu moins nu - Je pars en voyage vers la terre - Qui peut m'expliquer ce mystère.
Quand on prend tout d'un coeur léger - Il paraît qu'on vit sans danger - Que la mort longtemps nous évite - Mais j'ai voulu croire au bonheur - Et j'ai pris tant de chos's à coeur - Que mon coeur a battu trop vite.
C'est pourquoi je prends les devants - Pour affirmer dès maintenant - Croyez pas ces vieux imbéciles - J'avais une santé de fer - Je n'avais qu'un petit travers - J'avais le coeur un peu fragile.
J'ouvre les yeux et je te vois - J'ouvre les yeux et je te crois - J'ouvre les yeux et c'est pour toi - Que je veux vivre, mon amour.
Ma môme, elle joue pas les starlettes, - Elle met pas des lunettes, de soleil. - Elle pose pas pour les magazines, - Elle travaille en usine, à Créteil.
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, - Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés, - Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants, - Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent.
Je twisterais les mots s'il fallait les twister, - Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez.
Ils quittent un à un le pays - Pour s'en aller gagner leur vie - Loin de la terre où ils sont nés. - Depuis longtemps qu'ils en rêvaient - De la ville et de ses secrets - Du formica et du ciné.
Que venez-vous faire, camarade - Que venez-vous faire ici - Ce fut à cinq heures dans Prague - Que le mois d'août s'obscurcit - Camarade, camarade.
M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde - Qui chante au fond de moi au bruit de l'océan - M'en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde - Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents - Ma mémoire chante en sourdine: Potemkine.
Celle qui construisit, de ses mains, vos usines - Celle dont Monsieur Thiers a dit: «Qu'on la fusille!»
Au printemps de quoi rêvais-tu? - Vieux monde clos comme une orange - Faites que quelque chose change - Et l'on croisait des inconnus - Riant aux anges, au printemps de quoi rêvais-tu?
On l'a cloué - Et sa misère - Sur un mur blanc au grand soleil - Un clou au coeur - Et pour l'exemple - Il a saigné sur le soleil.
Ah monsieur d'Ormesson, - Vous osez déclarer - Qu'un air de liberté - Flottait sur Saïgon - Avant que cette ville s'appelle Ville Ho-Chi-Minh.
Ah ils nous en ont fait avaler des couleuvres - De Prague à Budapest de Sofia à Moscou - Les staliniens zélés qui mettaient tout en oeuvre - Pour vous faire signer les aveux les plus fous.
C'est un joli nom, camarade - C'est un joli nom, tu sais - Dans mon coeur battant la chamade - Pour qu'il revive à jamais - Se marient cerise et grenade - Aux cent fleurs du mois de mai.
Œuvres de Jean Tenenbaum, dit Jean Ferrat
Alléluia (1966)Ariane (1969) (Paroles: Maurice Bourdet)Au printemps de quoi rêvais-tu? (1968)C'est beau la vie (Paroles: Claude Delecluse, Michelle Senlis)Camarade (1968)Chanson pour toi (1966) (Paroles: Michelle Senlis)Chanter (1980)En groupe, en ligue, en procession (1966)Et pour l'exemple (1971) (Paroles: Philippe Pauletto)Je meurs (1975) (Paroles: Pierre Grosz)La Montagne (1964)La femme est l'avenir de l'homme (1975)Le Bilan (1980)Le coeur fragile (1985) (Paroles: Guy Thomas)Ma France (1969)Ma môme (1960) (Paroles: Pierre Frachet)Nuit et Brouillard (1963)Potemkine (1965) (Paroles: Georges Coulonges)Un air de liberté (1975)