Auteur

Jean Racine

Quelque haine qu'on ait contre un fier ennemi, - Quand il est loin de nous on la perd à demi.
Tous les premiers forfaits coûtent quelques efforts; - Mais, Attale, on commet les seconds sans remords.
Si la vertu se perd quand on gagne l'empire, - Lorsque vous régnerez, que serez-vous, hélas! - Si vous êtes cruel quand vous ne régnez pas?
On veut régner toujours quand on règne une fois.
Il se vit terrassé d'un bras victorieux; - Et la foudre en tombant lui fit ouvrir les yeux.
L'audace et le mépris sont d'infidèles guides.
Je l'aime; et quand les voeux que je pousse pour elle - N'en obtiendraient jamais qu'une haine immortelle, - Malgré tous ses mépris, malgré tous vos discours, - Malgré moi-même, il faut que je l'aime toujours.
Qu'une âme généreuse est facile à séduire!
Lui qui me fut si cher, et qui m'a pu trahir, - Ah! je l'ai trop aimé pour ne le point haïr.
Que ne peut l'amitié conduite par l'amour?
L'amour ne règle pas le sort d'une princesse: - La gloire d'obéir est tout ce qu'on nous laisse.
Il faut se croire aimé pour se croire infidèle.
Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera: - Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
On apprend à hurler ... avec les loups.
Qu'est-ce qu'un gentilhomme? Un pilier d'antichambre.
Si vous parlez toujours, il faut que je me taise.
Isabelle: Hé! Monsieur, peut-on voir souffrir des malheureux? - Dandin: Bon! cela fait toujours passer une heure ou deux.
La modération n'est qu'une vertu ordinaire quand elle ne se rencontre qu'avec des qualités ordinaires.
De combien de soupirs interrompant le cours - Ai-je évité vos yeux que je cherchais toujours! - Quel tourment de se taire en voyant ce qu'on aime! - De l'entendre gémir, de l'affliger soi-même, - Lorsque par un regard on peut le consoler!
Heureux ou malheureux, il suffit qu'on me craigne.
Je ne connais Néron et la cour que d'un jour; - Mais (si je l'ose dire), hélas! dans cette cour - Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense! - Que la bouche et le coeur sont peu d'intelligence! - Avec combien de joie on y trahit sa foi!
Je m'agite, je cours languissante, abattue.
Que ne fait point un coeur - Pour plaire à ce qu'il aime, et gagner son vainqueur?
Ah lâche! fais l'amour, et renonce à l'Empire. - Au bout de l'univers va, cours te confiner, - Et fais place à des coeurs plus dignes de régner.
Je sens bien que sans vous je ne saurais plus vivre, - Que mon coeur de moi-même est prêt à s'éloigner; - Mais il ne s'agit plus de vivre, il faut régner.

Œuvres de Jean Racine

A M. VitartAbrégé de l'Histoire de Port-RoyalAbrégé de l'histoire de Port Royal (édition posthume 1767)Alexandre le grand (1665)Alexandre le grand (1665), III, 2Andromaque (1667)Andromaque (1667), I, 1Andromaque (1667), I, 1, OresteAndromaque (1667), I, 1, PyladeAndromaque (1667), I, 2, PyrrhusAndromaque (1667), I, 4, AndromaqueAndromaque (1667), I, 4, PyrrhusAndromaque (1667), II, 1Andromaque (1667), II, 1, HermioneAndromaque (1667), II, 2, OresteAndromaque (1667), II, 5Andromaque (1667), II, 5, PyrrhusAndromaque (1667), III, 1Andromaque (1667), III, 1, OresteAndromaque (1667), III, 1, Pylade