Auteur

Jean Racine

J'adorerais un Dieu sans force et sans vertu, - Reste d'un tronc par les vents abattu, - Qui ne peut se sauver lui-même
Mon coeur, respectant sa vertu, - N'accable pas encore un rival abattu.
Et que puis-je au milieu de ce peuple abattu?
Du vieux père d'Hector la valeur abattue - Aux pieds de sa famille expirante à sa vue.
C'est ce qui me le fait justement abhorrer.
Honteux d'avoir poussé tant de voeux superflus, - Vous l'abhorriez: enfin, vous ne m'en parliez plus.
Je frémis quand je voi - Les abîmes profonds qui s'ouvrent devant moi.
Dans quel abîme affreux vous me précipitez!
De piége en piége et d'abîme en abîme.
Le sang le plus abject vous était précieux.
Mais ces mêmes malheurs qui l'en ont écarté, - Ses honneurs abolis, son palais déserté - La fuite d'une cour que sa chute a bannie, - Sont autant de liens qui retiennent Junie.
On verra de David l'héritier détestable - Abolir tes honneurs, profaner tes autels.
Heureux, dit-on, le peuple florissant - Sur qui ces biens coulent en abondance.
Pour elles, à sa porte élevant ce palais, - Il leur y fit trouver l'abondance et la paix.
Vous croyez qu'abusant de mon autorité, - Je prétends attenter à votre liberté?
Je crains presque, je crains qu'un songe ne m'abuse.
C'en est fait: le cruel n'a plus rien qui l'arrête; - Le coup qu' on m'a prédit va tomber sur ma tête. - Il vous accablera vous-même à votre tour.
Votre soeur ... nous accable tous les jours de lettres.
J'accepte tous les dons que vous me voulez faire.
Et depuis quand, Seigneur, entre-t-on dans ces lieux, - Dont l'accès était même interdit à nos yeux?
Car, je n'en doute point, cette jeune beauté - Garde en vain un secret que trahit sa fierté; - Et son silence même, accusant sa noblesse, - Nous dit qu'elle nous cache une illustre princesse.
Il acheta cher la gloire de les avoir délivrées.
Que le seigneur est bon! Que son joug est aimable! - Heureux qui dès l'enfance en connoît la douceur! - Jeune peuple, courez à ce maître adorable.
Seigneur, j'ai vu la reine; - Mais pour me faire voir, je n'ai percé qu'à peine - Les flots toujours nouveaux d'un peuple adorateur - Qu'attire sur ses pas sa prochaine grandeur.
Oui, je viens dans son temple adorer l'Eternel!

Œuvres de Jean Racine

A M. VitartAbrégé de l'Histoire de Port-RoyalAbrégé de l'histoire de Port Royal (édition posthume 1767)Alexandre le grand (1665)Alexandre le grand (1665), III, 2Andromaque (1667)Andromaque (1667), I, 1Andromaque (1667), I, 1, OresteAndromaque (1667), I, 1, PyladeAndromaque (1667), I, 2, PyrrhusAndromaque (1667), I, 4, AndromaqueAndromaque (1667), I, 4, PyrrhusAndromaque (1667), II, 1Andromaque (1667), II, 1, HermioneAndromaque (1667), II, 2, OresteAndromaque (1667), II, 5Andromaque (1667), II, 5, PyrrhusAndromaque (1667), III, 1Andromaque (1667), III, 1, OresteAndromaque (1667), III, 1, Pylade