Auteur

Jean-Paul Sartre

Je suis libre: il ne me reste plus aucune raison de vivre, toutes celles que j'ai essayées ont lâché et je ne peux plus en imaginer d'autres. ... Seul et libre. Mais cette liberté ressemble un peu à la mort.
Trois heures. Trois heures, c'est toujours trop tard ou trop tôt pour tout ce qu'on veut faire.
C'est ça le temps, le temps tout nu, ça vient lentement à l'existence, ça se fait attendre et quand ça vient, on est écoeuré parce qu'on s'aperçoit que c'était déjà là depuis longtemps.
Chaque instant ne paraît que pour amener ceux qui suivent. A chaque instant je tiens de tout mon coeur: je sais qu'il est unique; irremplaçable - et pourtant je ne ferais pas un geste pour l'empêcher de s'anéantir.
Il ne faut pas que je pense que je ne veux pas penser. Parce que c'est encore une pensée.
L'existence n'est pas quelque chose qui se laisse penser de loin: il faut que ça vous envahisse brusquement, que ça s'arrête sur vous, que ça pèse lourd sur votre coeur comme une grosse bête immoblie - ou alors il n'y a plus rien du tout.
Ils pensent à Demain, c'est-à-dire, simplement, à un nouvel aujourd'hui; les villes ne disposent que d'une seule journée qui revient toute pareille à chaque matin.
Vider les instants de leur graisse, les tordre, les assécher, me purifier, me durcir, pour rendre envin le son net et précis d'une note de saxophone.
Mais derrière l'existant qui tombe d'un présent à l'autre, sans passé, sans avenir, derrière ces sons qui, de jour en jour, se décomposent, s'écaillent et glissent vers la mort, la mélodie reste la même, jeune et ferme, comme un témoin sans pitié.
Dieu n'est pas un artiste; M. Mauriac non plus.
Quant à la beauté, ceux qui peuvent y penser en travaillant, je les classe, si téméraires qu'ils se prétendent, parmi les esprits académiques.
Le séquestré de Venise.
Le faire est révélateur de l'être.
En fait, nous sommes une liberté qui choisit, mais nous ne choisissons pas d'être libres: nous sommes condamnés à la liberté.
Jules Renard se taisait par écrit.
L'homme qui se croit déterminé se masque sa responsabilité.
Mauriac, l'eau bénite qui fait pschitt.
Faire, et en faisant se faire et n'être rien que ce qu'on fait.
La métaphysique n'est pas une discussion stérile sur des notions abstraites qui échappent à l'expérience, c'est un effort vivant pour embrasser du dedans la condition humaine dans sa totalité.
On est toujours responsable de ce qu'on n'essaie pas d'empêcher.
L'intellectuel est quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas.
L'authenticité, c'est d'être le même à travers toutes les situations, un projet unique.
Le meilleur travail n'est pas celui qui te coûtera le plus mais celui que tu réussiras le mieux.
Ainsi, autrui est d'abord pour moi l'être pour qui je suis objet.
Le péché est né avant la vertu, comme le moteur est né avant le frein.

Œuvres de Jean-Paul Sartre

A propos du Tintoret.Baudelaire (1946)Cahiers pour une morale (1983)Carnets de la drôle de guerre - Septembre 1939 - Mars 1940 (1983)Cité dans Eloge des femmes mûres (2006) de Stephen Vizinczey.Critique de la raison dialectique (1960)Dans Obliques, Sartre et les arts.Enregistrement phonographique de Jean-Paul Sartre en 1965 en préambule à Huis clos - L'enfer c'est les autresEsquisse d'une théorie des émotions (1938)Huis Clos (1944)Huis Clos (1944), V, EstelleL'Etre et le Néant (1943)L'Idiot de la famille (1971-1972)L'existentialisme est un humanisme (1945)L'existentialisme est un humaniste (1945)L'imagination (1936)La Dernière ChanceLa Putain respectueuse (1946)La nausée (1938)Le Diable et le Bon Dieu (1951)