Auteur

Jean-Claude Carrière

Le temps, c'est un peu comme le vent. - Le vent, on ne le voit pas: on voit les branches qu'il remue, la poussière qu'il soulève. - Mais le vent lui-même, personne ne l'a vu.
Victor Hugo raconte, dans les travailleurs de la mer, que l'anachorète Crescentius ... fit crouler un temple de Diane en le regardant fixement pendant cinq ans.
Le bourreau Sanson a raconté que le duc de Charost lisait un livre dans la charette qui le conduisait à l'échafaud. Avant de monter les gradins, il corna la page.
La perversité commence là où s'achève le plaisir.
Il faut savoir joindre l'agréable à l'agréable et se contenter de beaucoup.
Nous n'avons en aucune manière le monopole de la pensée. Il existe, un peu partout en Occident, un racisme de l'intellect dont nous devons nous méfier.
Un enfant disait, pour parler du temps d'avant sa naissance: «Quand j'étais encore mort."»
Jamais aucun écrivain n'a pensé qu'en écrivant une oeuvre il allait sauver l'humanité. Ni aucun peintre, ni aucun sculpteur ... . Mais, ça peut nous aider à poser des meilleures questions et très, très lentement à faire bouger les choses.
Si vous me posez la question: «Qu'est-ce que c'est l'autre?», je n'ai pas de réponse, parce que l'autre, il est autre et il est en même temps moi-même.
Les grammairiens avaient tellement découpé le temps qu'ils avaient mis un futur antérieur, un passé dans le futur.
Nous devons préserver notre fragilité parce qu'elle nous rapproche les uns des autres, alors que la force nous éloigne.
Quand on cherche à savoir, c'est pour un certain temps. Quand on décide de ne pas savoir, c'est pour toujours.
Mais pendant des siècles, parlant des musulmans, nous avons dit que leur guerre sainte est une infamie ! Et maintenant nous ferions de même ? Aucune guerre ne peut être sainte quand elle entraîne le massacre et l'esclavage.
Satan lui aussi est partout. Et il est d'abord en nous-même.
Le pain des pauvres, c'est leur vie. Celui qui les en prive est un meurtrier.
Admettre l'art de vivre des autres n'est pas donné à tous les peuples, ou en tout cas à tous les chefs que les peuples se donnent. Savoir l'admettre, le reconnaitre, décider parfois de s'en inspirer, c'est déjà tout un art de vivre.

Œuvres de Jean-Claude Carrière

Contact, l'encyclopédie de la création (Emission de TV canadienne).Dictionnaire amoureux de l'Inde (2001)Détails de ce monde (2004)Fragilité (2006)La Controverse de Valladolid (1992)La fin des tempsLe Livre des bizarres (1981)Les Petits Mots inconvenants (1981)