Il faut beaucoup d'années pour apprendre certains mots d'amour.
Auteur
Jacques Chardonne
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Sauf la souffrance physique, tout est imaginaire.
On ne fait rien d'utile pour le prochain, sauf des livres.
A quatre-vingt-deux ans, les yeux en feu dans une barbe qui lui masquait le visage, Tolstoï a voulu fuir sa femme. Il est mort tout de suite. Les liens entre les êtres ne sont pas à notre disposition.
Les jeunes filles de Barbezieux étaient amoureuses du mariage. Elles aimaient tant le mariage que tout de suite elles croyaient aimer leur mari, et beaucoup ont conservé cette idée durant leur vie.
Il faut être gentil avec la Chine. C'est très dangereux de faire peur à ceux que l'on craint.
Je crois qu'il faut poser le pied assez légèrement sur terre.
Dans la simple politesse je suis gêné. Je ne suis capable que d'enthousiasme.
Pas d'adjectifs, ils affaiblissent le style... L'adjectif, c'est comme les bijoux. Une femme élégante ne porte pas de bijoux.
La nature n'aime pas les mâles; ils sont destinés à s'entre-tuer.
Poursuivre le bonheur, au lieu de le laisser venir, n'est-ce pas courir après le reflet d'un mot? En fait, les hommes seraient plus heureux si on leur parlait de bonheur!
Le mariage est une religion: il promet le salut, mais il faut la grâce.
On ne sait jamais qui on épouse: le mariage nous l'apprendra.
Elle avait pris son ouvrage et comptait sur de grosses aiguilles les points de son tricot.
C'est la société capitaliste qui a vicié les hommes en les condamnant à la poursuite de la richesse.
Aucune entreprise ne prospère sans l'impulsion d'un homme qui a pour vocation de la conduire.
Malgré le partage de la succession, Frédéric se considère toujours comme le maître, l'unique successeur de papa, qui a tous les pouvoirs.
La timidité de Pauline disparaissait dès le premier contact avec les gens auxquels son attitude si naturelle communiquait la même simplicité.
Une voix répondit: «Je l'ai vu courir comme un fou. Il a crié qu'il allait manquer son train».
Sur la coiffeuse, l'écaille blonde des brosses chifrées d'or, le cristal des flacons à bouchons de vermeil, jetaient un éclat discret.
Il écoute le bruit des courroies et des cylindres broyeurs qui triturent la pâte humide.
Il apprit à jouer au croquet; il disparaissait avec les jeunes filles, quand une visite arrivait.
Elle règne dans la maison, compétente et divinatrice.
Un domestique en jaquette noire, gros et grisonnant, majestueux, impersonnel, ouvrit les battants de la porte du salon. C'était Arnaud qui depuis trente ans, à la même heure, disait d'une voix lente, sans accent: «Madame est servie» ...
Regardez cette tasse, cette blancheur éclatante et chaude, cette délicate matière diaphane.
Œuvres de Jacques Chardonne
Attachements (1941)Ce que je voulais vous dire aujourd'hui (1970)Chimériques (1948)Claire (1931)Demi-jour - suite et fin du Ciel dans la fenêtre (1964)Eva ou le journal interrompu (1930)Femmes - contes choisis et quelques images (1961)L'Amour du Prochain (1932)L'Amour, c'est beaucoup plus que l'amour (1937)L'Epithalame (1921)Le Bonheur de Barbezieux (1938)Le Chant du Bienheureux (1927)Le ciel dans la fenêtre (1959)Les Destinées Sentimentales (1934-1936)Les Destinées Sentimentales (1934-1936), PaulineLettre à Jean Paulhan, 22 août 1948.Lettre, à Paul Morand, 19 novembre 1959Oeuvres complètesPropos comme ça (1966)Propos comme çà