Œuvre

L'Amour du Prochain (1932)

C'est la société capitaliste qui a vicié les hommes en les condamnant à la poursuite de la richesse.
Aucune entreprise ne prospère sans l'impulsion d'un homme qui a pour vocation de la conduire.
La véritable élite de la France est diffuse dans son peuple.
La finance encourage les entreprises privées, mais les surveille; elle précipite la ruine des faibles ou s'empare de l'exploitation.
Il n'entendait pas changer l'ordre social. Il voulait que chacun s'améliorât par la pensée.
L'homme et la femme sont identiques, mais longtemps encore des écrivains les décriront comme essentiellement différents.
Mais les hommes entreprenants sont un peu étourdis. L'action exige de la jeunesse, de l'espoir, de l'aveuglement.
Le malheur ne veut pas de résignation; il est toujours imprévu, exaltant, extraordinaire, et demande une belle âme.
Le sceptique n'inquiétera pas le croyant avec des exégèses. Les textes n'ont aucune importance. Le fait merveilleux et indubitable, c'est qu'il existe des croyants.
Je ne vois pas une différence de génération entre un père et un jeune fils, mais la distance de deux mondes incommunicables: la jeunesse et la maturité.
Un dictateur est asservi également à l'opinion publique, qu'il flatte et qui le mène.
Dans un village, parmi les plus humbles habitants, on voit les coteries, les fiertés, les préjugés des gens du monde.
L'univers de la vie intime est illimité. Nous ignorons où le coeur nous mène et la portée d'une émotion.
Une société très dure qui imposerait ses cadres, ses faveurs et sa hierarchie, sans ménagement, sans admettre une critique, serait inattaquable.
Dans les pays où l'industrie est très développée, les hommes sont actifs, inventifs, ardents au travail et assoiffés de gain.
Les employés d'une maison de commerce sont attachéspar le coeur à la maison, et fort peu à leurs compagnons de travail; ils ont le sentiment de dépendre d'un organisme complexe, qui a son existence propre.
L'amitié vraie est très rare, comme l'amour. C'est une chance, si elle nous accompagne toute la vie. Il suffit de savoir qu'elle existe et que l'homme en est capable.
Un romancier ne peut décrire la vie sans l'interpréter; on lui demande un tableau signé.
L'amour pour durer a besoin de s'instruire sans cesse.
En vérité, ce qui fait le prix de la vie, on ne saurait pas le dire. C'est là sa grandeur.
Si une femme plait, elle n'est pas libre. Les femmes qui méritent d'être aimées sont inaccessibles.
Pour être heureux par amour il faut une certaine sagesse ; il faut aussi une certaine sagesse pour se passer de l'amour. C'est la même.
J'appellerai libéral celui qui respecte la vie.
Dans l'amour parfait, et il existe, on n'ignore pas les défauts de l'être aimé ; mais on les voit sans ressentiment.