Œuvre
Propos comme ça (1966)
Chacun est seul de sa race.
L'originalité est souvent un bloc de préjugés.
La plupart des hommes n'aiment rien; ils n'existent que dans leurs créations; l'homme veut brûler; on ne supporte pas la vie de sang-froid.
La science et le temps ont de l'imagination; les hommes sont des radoteurs.
Les meilleurs divertissements sont les plus futiles.
Pour agir il faut une forte dose de défauts. Un homme sans défauts n'est bon à rien.
Un homme sans défauts n'est bon à rien.
Sauf la souffrance physique, tout est imaginaire.
A quatre-vingt-deux ans, les yeux en feu dans une barbe qui lui masquait le visage, Tolstoï a voulu fuir sa femme. Il est mort tout de suite. Les liens entre les êtres ne sont pas à notre disposition.
Il faut être gentil avec la Chine. C'est très dangereux de faire peur à ceux que l'on craint.
La nature n'aime pas les mâles; ils sont destinés à s'entre-tuer.
La sérénité, c'est l'indifférence. Tout le reste est vulgaire.
L'optimisme est ridicule; le pessimisme, non-sens.
La littérature, c'est une religion: elle a peu de fidèles; elle n'a que des prêtres.
Pour agir, il faut une forte dose de défauts. Un homme sans défauts n'est bon à rien. Nos goûts, nos jugements viennent du tempérament; donc du germe. Nos idées sont les produits du sang. La sérénité, c'est l'indifférence.
Les hommes ont inventé des choses qu'ils disent sérieuses. Le principal c'est le divertissement. Ce qui est sérieux n'est pas à notre portée.
On n'a que dédain pour l'opinion des autres pourtant, s'ils sont de votre avis, cela rassure.
On ne devrait jamais se plaindre il y a toujours pire.
Nos souvenirs ce sont des tombes là aussi sont nos secrets.
Pour agir, il faut une forte dose de défauts. Un homme sans défauts n'est bon à rien.