Auteur

Hubert-Félix Thiéfaine

L'amour ça mord, l'amour c'est mou. - L'amour ça meurt à la mi-août. - Sans mots sans remords ni remous.
Prisonnier de ton rire - Esclave de ton corps.
Qu'un rêveur! - A l'ombre de ta beauté - Qu'un rêveur! - Sous tes parfums satinés - Qu'un rêveur! - Qui ne pense qu'à t'aimer - Qu'un rêveur! - Qu'en veut trop!
A mettre sa vie en musique - On en oublie parfois de vivre.
Avec les germes de la guerre - On ne fabrique que des tarés.
On apprend la haine - Dans nos livres d'histoire.
Demain tu verras tous ces petits alchimistes - Pulvériser un continent.
Mais le passé n'a pas d'amis - Quand il vient lécher les statues.
Tu peux venir là où je suis - L'ennui c'est que je ne suis plus.
A quoi bon contrôler le vent - Quand il souffle sur les musées?
J'aurais encore aimé franchir ta nébuleuse - Mais ton corps est cousu de fils blancs barbelés.
A l'ombre de vos centrales je crache mon cancer, je cherche un nouveau nom pour ma métamorphose.
- Dis-moi qui tu suis... je te dirai qui je hais!
Nous ne sommes que les fantasmes fous d'un computer - Avec son oeil grinçant fouillant dans nos cerveaux.
Je reviendrai narguer tes dieux - Déguisé en voleur de feu - Et crever d'un dernier amour - Le foie bouffé par tes vautours.
La solitude n'est plus une maladie honteuse.
Nos regards préludent - Le jeu de la pudeur - Quand par manque d'habitude - On s'méfie du bonheur.
Comme cette odeur de mort qui précède les combats - Et marque le début des vocations martyres.
Quand j'ai besoin d'amour ou de fraternité - Je vais voir Caïn cherchant Abel pour le plomber.
Dans l'odeur des cités aux voiles d'hydrocarbure - Les rires sont des ratures qui s'attirent et saturent.
Le jour où les terriens prendront figure humaine - J'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène - Et je viendrai troubler de mon cri distordu - Les chants d'espoir qui bavent aux lèvres des statues.
Dans les ruines de l'école où brûle un tableau noir - Une craie s'est brisée en écrivant espoir.
Les guerriers de l'absurde et de l'enfer affrontent - Les délices de la mort sous le fer de la honte.
Tu n'es plus que l'otage la prochaine victime - Sur l'autel écoeurant de l'horreur anonyme.
Les vagues mourraient blessées - A la marée sans lune - En venant féconder - Le ventre des lagunes.

Œuvres de Hubert-Félix Thiéfaine

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