Dominer ses entraves, se libérer ou alors la vie est trop torturante et vivre n'est plus supportable.
On n'invente pas les personnages, ils existent dans l'inconscient, il faut les laisser sortir.
Quand on est un disciple, on en arrive presque toujours à devoir tuer le maître en soi.
Obéir comme une plante qui sort de la terre, comme un ruisseau qui s'écoule.
Au cours d'une vie nous devons, et nos vérités partielles avec nous, mourir plusieurs fois. Ce que l'idéologie a méconnu, c'est qu'on meurt pour renaître.
Je crois que tu ne comprendras jamais rien à la haine. La haine, c'est l'amour en dur.
Je voudrais faire l'économie de toutes les morts que j'ai vécues, de celles que je devrai vivre encore. Je ne peux pas, je suis dans ce temps, dans ce monde, il n'y en a pas d'autre.
J'écoute le mieux que je peux et comme il y a en moi une forte présence de la mort, j'entends leur parole de mort, de condamnation d'eux-mêmes qui s'élève en majeur sur un fond d'amour et d'espoir en mineur.
Mais la beauté de notre temps est une beauté foudroyée qu'on ne peut atteindre qu'à travers le noir, toujours plus noir.
Finalement l'amour est une lumière, une chaleur, c'est aussi un noeud, un noeud coulant : ne va pas trop vite, ne va pas trop loin, sinon ça va serrer.
Lui et moi, nous faisons partie du peuple accablé par la sourde terreur de ne pas comprendre le monde et ce qui s'y passe. Mais nous ne nous rendons pas. Pas encore !
Œuvres de Henry Bauchau