Le coeur préfère rester concentré sur son sentiment qu'il réchauffe et protège - son bonheur est méditatif, silencieux -, il s'écoute palpiter, il se déguste religieusement lui-même.
Auteur
Henri-Frédéric Amiel
169 citations · citations de Henri-Frédéric Amiel sur Dicocitations ↗
· biographie ↗
On comprend les femmes comme la langue des oiseaux, d'instinct ou pas du tout.
La foi est trop souvent le contraire de la bonne foi, et l'homme de foi ressemble alors à s'y méprendre, à l'homme sans foi.
L'admiration doit être réservée pour la grandeur sublime, non pour l'opiniâtreté maniaque.
L'erreur de l'ange est le crime du séraphin.
Temporiser, c'est l'art de la défense; saisir le moment, l'art de l'attaque.
L'outrance est un manque de bon sens.
Je l'ai toujours dit; les poètes célibataires sont une peste publique; ils troublent, sans le savoir et le vouloir, tous les coeurs féminins sans emploi.
Il y a une manière laborieuse de n'être rien, c'est d'être tout; de ne rien vouloir, c'est de tout vouloir.
On comprend les femmes comme la langue des oiseaux, d'intuition ou pas du tout. La peine, l'étude, l'effort ne servent de rien ici: c'est un don et une grâce. Pour comprendre ces énigmes vivantes, il faut les aimer.
L'amitié, par une sorte d'harmonie préétablie, ou de communication instantanée et mystérieuse, éveille la même pensée dans deux personnes éloignées de 50 lieux et plongées dans des sphères d'occupation toutes différentes.
Il faut rentrer en communication avec le public, avec les vivants; être aussi objectif, simple, clair, vivant que possible.
La littérature n'est que l'élargissement de la vie individuelle, La communication avec plus d'esprits et plus d'âmes.
Il faut aimer du même amour, penser de la même pensée pour échapper à la solitude.
Le respect mutuel implique la discrétion et la réserve dans la tendresse même, le soin de sauvegarder la plus grande part possible de liberté chez ceux dont on partage la vie.
Etre méconnu même par ceux qu'on aime, c'est la coupe d'amertume et la croix de la vie; c'est là ce qui met sur les lèvres des hommes supérieurs ce sourire douloureux et triste dont on s'étonne; ...
Etre patient, sympathique, bienveillant; épier la fleur qui naît et le coeur qui s'ouvre; toujours espérer, toujours aimer, c'est là le devoir.
La poésie vaut infiniment mieux que la réalité.
Le bonheur est forcément réciproque et ne se trouve guère qu'en se donnant.
Dans les livres, je ne trouve presque rien de neuf; mais je retrouve et c'est charmant.
Il en est du journal intime comme de la prière et de la vie intérieure: plus on le néglige, moins il est attrayant; moins on en use, moins on en peut user; plus on le pratique, plus on l'aime.
Parlez-moi de l'ignorance pour délier la langue, et de la sottise pour faciliter le jugement! On n'est jamais plus affirmatif que lorsqu'on a moins le droit de l'être; et si les riches d'esprit sont économes, les pauvres sont toujours prodigues.
La valeur sociale de chacun, c'est sa valeur utile. Demande-toi à qui et à quoi tu sers et vraisemblablement tu t'irriteras moins.
Au fond, il n'y a qu'un objet d'études: les formes et les métamorphoses de l'esprit. Tous les autres objets reviennent à celui-là; toutes les autres études ramènent à cette étude.
Les gens superficiels sont bien heureux: le liège ne se noie pas.
Œuvres de Henri-Frédéric Amiel
Fragment d'un journal intimeFragments d' un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), mai 1870Fragments d'un journal intime (1884)Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927)Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 1 janvier 1880Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 10 novembre 1852Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 1857Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 1866Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 19 août 1852Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 22 février 1853Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 27 octobre 1855Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 27 octobre 1856Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 29 février 1872Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 3 mars 1857Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 30 mai 1877Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 6 octobre 1860Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), 9 août 1864Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), juillet 1879 - avril 1881Fragments d'un journal intime (1884, 1887, 1923, 1927), septembre 1863Grains de mil (1854)