Auteur

Henri de Régnier

Quelqu'un disait de X. : « C'est un génie sans intérêt. »
Les premières heures de l'amour sont comme les premiers pas sur la neige...
Il disait de X., maigre et barbu : « Il a l'air d'un fleuve à sec. »
Les gens du monde se réunissent moins pour goûter le plaisir d'être ensemble que pour s'en répartir l'ennui.
Au soir enfin venu de toute fête, hélas ! - \r\nParmi l'oubli qu'on cherche aux fausses allégresses. - \r\nRevient plus virginal à travers les ivresses - \r\nLe doux parfum mélancolique des lilas;
Parmi l'oubli qu'on cherche aux fausses allégresses. - \r\nRevient plus virginal à travers les ivresses - \r\nLe doux parfum mélancolique des lilas;
De tes cheveux nattés ôte les pierreries - \r\nDivine, et, ce soir, buvons ingénument - \r\nA genoux dans les fleurs aux sources des prairies.
Les cheveux libérés du multiple entrelacs - \r\nDes perles qui fixaient la lourdeur de leurs tresses - \r\nSe déroulent avec les ondantes paresses - \r\nD'une eau de fleuve ensoleillé très lent et las !\r\n
Le ciel plus clair - \r\nSe meurt, une à une, d'étoiles.
et la paume s'écorche - \r\nA tenir une fleur comme à brandir la torche.
Au bout de ses bras pendaient des poings massifs et tout velus de poils fauves. Une courte et grosse perruque à rouleaux faisait ressortir, par sa blancheur poudrée, la teinte cramoisie du visage carré où l'on distinguait, dans une masse de chair comme bouillie, de petits yeux vifs, un rien de nez, une toute petite bouche en cul de poule avec une moue qui semblait prête à pondre.
La Porte s'ouvre d'or et d'airain, mon Espoir, - \r\nEntreras-tu parmi ceux-là qu'un doute ronge - \r\nDans la maison de ton Destin où se prolonge - \r\nL'intérieur écho provoqué du heurtoir.
La porte s'ouvre, entre ou recule, c'est le seuil - \r\nDe la douce douleur ou du sonore orgueil - \r\nEt nul n'a repassé le vestibule sombre.

Œuvres de Henri de Régnier

Donc... (1921-1931)Histoires incertaines (1919)La Cité des eaux (1902), La collineLa Cité des eaux (1902), Le BouquetLa Double MaîtresseLa Peur de l'amour (1907)Le BonheurLe départLe miroir des heures (1910)Les Jeux rustiques et divins (1897)Les Médailles d'argile (1900), Bûcher d'HerculeLui ou les Femmes et l'Amour (1903)Lui ou les Femmes et l'Amour (1928)Lui, ou les femmes et l'amour (1928)Promenades philosophiquesRepos après l'amourVestigia Flammae (1921)Épisodes, Sites et Sonnets - VI. — La Porte s’ouvreÉpisodes, Sites et Sonnets - VIII. — Les cheveux libérés