Auteur

Henri de Régnier

O Roméo! - Tu te tais, mais si je criais son nom d'amour - Comme on jette - Dans l'eau muette, - Un cailloux lourd.
Je sais bien que c'est bête, la vie, et qu'il faut mourir; mais c'est plus fort que moi, j'aime vivre.
J'ai dit votre nom à voix basse - Et pensé simplement: - Tu es belle, tes yeux, ta bouche et ton visage sont beaux comme ton corps; - Heureux celui qui t'aime et qui, la nuit, partage - Le lit où tu t'endors!
On peut raconter les peines de son esprit, mais on doit taire celles de son coeur.
Les déceptions de l'amitié se guérissent par l'indifférence; celles de l'amour par l'oubli.
Certains visages prennent dans l'amour et dans la mort une beauté particulière.
Si tu veux être heureux, ne cueille pas la rose - Qui te frôle au passage et qui s'offre à ta main; - La fleur est déjà morte à peine est-elle éclose. - Même lorsque sa chair révèle un sang divin.
Le Bonheur est un Dieu qui marche les mains vides.
Nul parfum n'est plus doux que celui d'une rose - Lorsque l'on se souvient de l'avoir respiré - Ou quand l'ardent flacon, où son âme est enclose, - En conserve au cristal l'arôme capturé.
Je n'emporte avec moi sur la mer sans retour - Qu'une rose cueillie à notre long amour.
Je ne l'ai jamais assez aimée pour pouvoir agréablement la haïr.
L'amour est éternel, tant qu'il dure.
C'est ainsi que chacun rapporte du voyage, - Au fond de son coeur triste et de ses yeux en pleurs, - Quelque vaine, éternelle et fugitive image - De silence, de paix, de rêve et de bonheur.
L'amour est contagieux.
Dans le monde chimérique où je vivais, l'amour existait, mais il ne s'était incarné pour moi dans aucun visage et dans aucun corps vivant.
Ne vaut-il pas cent fois mieux rester chez soi à ne rien faire que de perdre son temps à s'occuper des affaires d'autrui !
Tu es belle, tes yeux, ta bouche et ton visage son beaux comme ton corps ; - Heureux celui qui t'aime et qui, la nuit, partage le lit où tu t'endors !
Elle est assise. Elle tient deux glaces à main qui sont comme des raquettes de miroirs où elle jouerait avec son image.
Les psychologues me font souvent penser à des horlogers habiles à monter et à démonter une montre et qui oublieraient de regarder l'heure qu'elle marque.
Les amants cherchent à leurs ruptures de bonnes raisons et ils les trouvent bien facilement dans leurs imperfections mutuelles, jusque dans celles qui les ont fait s'aimer.
Il y a des gens qui regardent bien et qui voient mal.
Il y a plus d'animaux dans Saint-Simon que dans La Fontaine, seulement ce sont des hommes.
La timidité est une contraction de la sensibilité, une crampe de l'esprit.
Il se croit tout le talent qu'il refuse aux autres.
Tristesse, j'ai bâti ta maison, et les arbres - Mélangent leur jaspure aux taches de tes marbres, - Tristesse, j'ai bâti ton palais vert et noir - Où l'if du deuil s'allie aux myrtes de l'espoir.

Œuvres de Henri de Régnier

Donc... (1921-1931)Histoires incertaines (1919)La Cité des eaux (1902), La collineLa Cité des eaux (1902), Le BouquetLa Double MaîtresseLa Peur de l'amour (1907)Le BonheurLe départLe miroir des heures (1910)Les Jeux rustiques et divins (1897)Les Médailles d'argile (1900), Bûcher d'HerculeLui ou les Femmes et l'Amour (1903)Lui ou les Femmes et l'Amour (1928)Lui, ou les femmes et l'amour (1928)Promenades philosophiquesRepos après l'amourVestigia Flammae (1921)Épisodes, Sites et Sonnets - VI. — La Porte s’ouvreÉpisodes, Sites et Sonnets - VIII. — Les cheveux libérés