Auteur

Henri Barbusse

A l'ulcère du monde, il y a une grande cause générale: c'est l'asservissement au passé, le préjugé séculaire qui empêche de tout refaire proprement selon la raison et la morale.
Combien de crimes dont ils ont fait des vertus en les appelant nationales!
Faut tuer la guerre dans le ventre de tous les pays.
L'avenir est dans les mains des esclaves.
Le réel et le surnaturel, c'est la même chose.
On ne peut pas plus regarder face à face la destinée que le soleil et pourtant elle est grise.
Où est donc Dieu?
Si on nous enlevait tout ce qui nous fait mal, que resterait-il?
La liberté et la fraternité sont des mots, tandis que l'égalité est une chose.
Un homme bon, un homme sain, un homme raisonnable ne doit pas saluer les drapeaux.
Faire les cent pas sur place pour échapper à l'ankylose et au froid.
C'est elle qui excitait c'vieux noeud contre nous: sans elle, il était plus bête que méchant, mais du coup^qu'elle était là, i' d'venait plus méchant qu'bête. Alors, tu parles si ça bardait ...
Alors quoi! fait Pépin, toujours mauvaise tête, j'm'en ressens pas pour encore becter des clarinettes; j'vais ouvrir une boîte de singe en moins de deux.
La rombière leur carre dans son buffet leur vaisselle, leurs boîtes de conserves et tout le bordel pour le bec.
Voui, dit Tirette, mais vous d'venez empoisonnants avec vos histoires d'embusqués.
De tous côtés on se cogne, on frotte, on est empoigné par l'étroitesse du passage, on est arrêté, coincé.
Cela explose par rafales de six, en file: pan, pan, pan, pan, pan, pan. C'est du 77.
On se précipite sans parler, à travers le dédale du boyau extraordinairement vide.
Ce sont de simples hommes qu'on a simplifiés encore, et dont, par la force des choses, les seuls instincts primordiaux s'accentuent: instinct de la conservation, égoïsme, espoir tenace de survivre toujours, joie de manger, de boire et de dormir.
Les jeux des enfants sont de graves occupations. Il n'y a que les grandes personnes qui jouent.
Nous jouissons de cette oisiveté vague dont on éprouve la bonté quand on est vraiment las.
A l'ulcère du monde, il y a une grande cause générale. Vous l'avez nommée: c'est l'asservissement au passé, le préjugé séculaire, qui empêche de tout refaire proprement, selon la raison et la morale. L'esprit de tradition infecte l'humanité.
Chaque être est toute la vérité.
On ne meurt pas puisqu'on est seul; ce sont les autres qui meurent. Et cette phrase qui se répand en tremblant à mes lèvres, à la fois sinistre et radieuse, annonce que la mort est un faux dieu.
L'avenir est dans les mains des esclaves, et on voit bien que le vieux monde sera changé par l'alliance que bâtiront un jour entre eux ceux dont le nombre et la misère sont infinis.

Œuvres de Henri Barbusse

L'EnferL'Enfer (1908)L'Enfer (1908), VIL'Enfer (1908), VIIIL'Enfer (1908), XLa Lueur dans l'abîme (1920)Le FeuLe Feu, Journal d'une escouade (1916)