Auteur

Henning Mankell

Avec son intuition d'enfant, il comprenait qu'il était impossible qu'un marin se plaise dans un endroit ou l'horizon était caché par une forêt dense, recouverte de givre.
C'est difficile d'avoir pour plus proche ami quelqu'un qu'on n'aime pas.
Si Wallander était français, ou si moi j'étais français, je l'aurais confronté à la révolution de 1789. Je l'aurais obligé à se poser quelques questions sur la France, le pays des Lumières, qui aujourd'hui expulse les Roms. La France, qui était notre phare, s'est aujourd'hui engagée dans un processus à l'opposé de ce qui la fonde. Tout cela m'accable.
Un écrivain a, pour moi, le devoir de s'intéresser au monde, d'essayer de le comprendre.
Un livre ne va pas changer la face du monde, mais on ne peut rien modifier sans la culture. Un écrivain n'apporte pas de réponses. Il pose des questions. C'est le b.a.-ba. C'est un peu idiot dit comme cela. Mais, s'il le faut, je le répète. Rester curieux, avide de l'autre. S'interroger. Se remettre en cause. Chercher les bonnes questions, les mettre noir sur blanc
Le plus beau roman du monde, c'est Robinson Crusoé. Ce livre pose une unique question : Robinson va-t-il survivre ? Et la réponse est dans le livre – c'est formidable ! Je pense que Jean-Paul Sartre aurait aimé écrire une telle histoire. Robinson Crusoé, c'est de l'existentialisme à l'état pur !
L'Afrique m'a appris à percevoir les défauts de l'Europe. Son indifférence à la misère. Sa frilosité intellectuelle. J'aimerais avoir l'âme africaine. Mais je suis européen...
Si l'on refuse de connaître l'histoire, on ne peut appréhender le futur ! En voiture, il faut regarder dans le rétroviseur pour éviter l'accident, non ?
Partout, en Europe, la haine, le racisme s'installent. C'est le symptôme de pays qui vont mal, économiquement et culturellement. Le conservatisme comme le fascisme naissent de la peur. La peur de l'avenir. L'autre est une menace, l'étranger un bouc émissaire.
Les gens s'affolent contre « la montée de l'islam ». C'est oublier que l'islam baigne notre culture européenne. Et que, s'il y a « montée », c'est qu'il y a malaise. Les gens ont recours à la religion pour se protéger, c'est un refuge. Je ne soutiens pas pour autant les extrémismes. Le fanatisme me terrifie.
J'ai un dicton qui m'oblige à rester debout : tant que dans le monde une seule personne n'est pas libre ou souffre, personne ne peut être libre ou heureux. J'y crois. Oui, j'ai la rage.
Oui, j'ai la rage. C'est pour cela que, en juin dernier, j'ai participé à l'opération « Un bateau pour Gaza ».
Je ne crois pas en Dieu. Mais il faut pouvoir en créer un quand c'est nécessaire.
J'avais trahi parce que j'avais peur d'être trahi à mon tour. Cette peur du lien, cette peur de sentiments trop intenses pour pouvoir être contrôlés, m'avait toujours poussé à réagir d'une seule façon : l'esquive, la fuite.
Existe-t-il une solitude plus grande que celle d'un être humain qui doit affronter la mort tout seul, sans personne pour l'accompagner ?
Ce n'est pas facile de mourir, dit-il. C'est la seule chose que personne peut nous apprendre.
Les Blancs n'ont jamais compris l'importance des esprits dans la vie d'un être humain. Ils n'ont jamais compris la nécessité de maintenir de bonnes relations avec les âmes de nos ancêtres. Ils n'ont jamais compris que la vie d'un homme est une lutte incessante pour parvenir à garder les esprits de bonne humeur.
J'ai du mal à expliquer ce que je veux dire. Mais il m'arrive parfois de me sentir entouré d'un grand vide. Comme si j'étais enfermé dans un espace énorme, délimité par un voile invisible et infranchissable.
Pour quelle raison la barbarie porte-t-elle toujours un visage humain ?
Je crois vraiment que l'on peut deviner qu'une personne est amoureuse à sa manière de marcher. Les pieds frôlent à peine la surface de la terre, tout sentiment de peur disparaît et le temps s'effiloche comme la brume au moment du lever du soleil. p 168
Ce n'est pas la brièveté de la vie qui me tourmente, c'est l'incroyable durée de la mort ! Elle me fait trembler et me remplit d'une épouvantable frayeur.
Un être humain dort pour rêver, avait dit son père, et il n'est éveillé que pour tenter de découvrir le sens de ses rêves.
On n'a pas le droit de forcer le coeur de quelqu'un, pas plus qu'un voleur n'a le droit de forcer la serrure d'une maison.

Œuvres de Henning Mankell

Avant le gel (2002)Comédia Infantil (1995)Entretien publié sur Télérama.fr par Martine Laval le 19/11/2010L'Homme inquiet (2009)L'Homme qui souriait (1994)L'Oeil du léopard (2012)La Cinquième Femme (1996)La Cinquième Femme (2000)La Lionne blanche (1993)La Muraille invisible (1998)Le Cerveau de Kennedy (2005)Le Chinois (2011)Le Fils du vent (2000)Le Guerrier solitaire (1995)Les Chaussures italiennes (2009)Les Chiens de Riga (2003)Les Morts de la Saint-Jean (1997)Meurtriers sans visage (1991)Profondeurs (2004)Tea-Bag (2007)